Aujourd’hui, le taux de collecte des emballages en France n’est pas optimal, surtout en comparaison à certains de nos voisins européens. Il atteint péniblement 60% pour les plastiques, et seulement 43% pour les canettes. Pour remédier à ce retard, le gouvernement s’est fixé pour ambitieux objectif d’atteindre 100% de plastique recyclé d’ici à 2025. Il planche donc sur un plan de réduction drastique de nos ordures grâce à une meilleure collecte de nos emballages.

La piste la plus sérieuse envisagée pour lutter contre l’accumulation des déchets serait le retour à la consigne. Mais en quoi consiste réellement ce système de collecte ? On vous explique tout.

Une idée pas si nouvelle

Le système de consigne n’a rien de révolutionnaire. Il existait en France jusqu’au début des années 1990 et il est toujours présent chez certains de nos voisins européens, très performants en terme de recyclage des déchets.

Mise en place dans les années 50, la consigne des bouteilles en verre permettait au consommateur, qui payait quelques centimes en plus au moment de l’achat, de les retourner à l’épicier, soit pour les remplir de nouveau soit pour récupérer la somme payée en supplément. Ainsi, la bouteille pouvait être réutilisée jusqu’à 50 fois.
Mais face à l’industrialisation et l’essor des objets à usage unique, la consigne a peu à peu disparu des mœurs françaises.

Un fonctionnement simple pour une économie circulaire encore plus effective

Aujourd’hui, la collecte du verre est plutôt performante et son taux de recyclage avoisine les 70% permettant ainsi de transformer et réutiliser la majorité des emballages en verre. Mais le système de consigne permet de favoriser un circuit encore plus court que le recyclage, qui détruit pour récréer de nouveaux emballages. Grâce à elle, le circuit des déchets est simplifié au maximum : la boisson est achetée, consommée, et sa bouteille ou canette rapportée dans un point de collecte. Le consommateur récupère ensuite sa caution et la bouteille est lavée, re-remplie puis retourne en rayon. Ce système permet d’économiser 75% d’énergie et bien qu’il nécessite de l’eau pour laver les emballages, son utilisation est réduite de 33% par rapport au recyclage.

Un système étendu à tous les emballages polluants ?

Bien que disparue des habitudes de consommation françaises, la consigne ne nous est pourtant pas complètement étrangère. On la rencontre par exemple dans nombre de festivals qui remboursent généralement quelques centimes, voire euros, lorsque l’on retourne les gobelets en plastique. La restauration est également familière avec cette pratique puisque restaurants, bars et hôtels consignent toujours bouteilles en verre et fûts.

Mais face aux mauvais résultats français en matière de tri sélectif, le Gouvernement souhaite étendre ce système de collecte aux autres emballages produits massivement et extrêmement polluants, comme les bouteilles en plastique, les canettes et les piles. Il s'agirait alors d'installer des machines fixes ou ambulantes dans les commerces, les lieux publics ou les entreprises, qui échangeraient les emballages retournés contre un rendu sous forme de monnaie, de bon d'achat ou transformée en don pour une association.

Alors, le retour aux basiques est-il pour bientôt ?