Le 15 mars dernier, le Maire du 13ème arrondissement et la maire de Paris ont inauguré la salle de boxe de Sarah Ourahmoune, installée au sein du complexe Georges Carpentier, site historique de la boxe. Tous deux ont partagé leur admiration pour la force et la générosité de cette immense championne animée par une envie de transmission et de partage. Car si Georges Carpentier fut le premier français à devenir champion du monde de boxe anglaise, Sarah Ourahmoune est quant à elle la boxeuse française la plus médaillée. Elle a d’ailleurs offert à la France une médaille d’argent lors des derniers Jeux de Rio. À l’occasion de l’inauguration de sa salle, Journey a pu s’entretenir avec la championne afin de revenir avec elle sur ce nouveau projet, soutenu par Coca-Cola France.
 

Lorsque vous avez lancé votre association « Boxe Inside », ayant pour vocation de démocratiser la pratique de la boxe, aviez-vous en tête l’ouverture de votre propre salle ?
S.O : Non, l’idée de départ était de savoir si Frankie (N.D.L.R : son compagnon avec qui elle a lancé « Boxer Inside ») et moi étions capables de transmettre notre passion pour la boxe. Nous avons d’abord développé un créneau de boxe féminine dans la salle d’Aubervilliers on l’on s’entrainait. Puis on s’est rendu compte que l’on aimait beaucoup ça, l’association a grandi et très vite, nous avons voulu disposer d’un lieu à nous pour développer et élargir l’activité. Ouvrir cette salle nous a pris cinq ans. Quand je me suis relancée dans la boxe en vue des Jeux, le projet a été un peu ralenti mais le vrai frein a surtout été financier. C’est en 2016, quand la Mairie du 13ème a mis à notre disposition ce local supposé être provisoire, que notre projet s’est réellement concrétisé.

À Aubervilliers, vous proposiez une garderie et de l’aide aux devoirs en marge des cours de boxe, cela afin d’en faire profiter le plus grand nombre. Vous allez reconduire ce dispositif ici, dans le 13ème ?
S.O : Oui on souhaite s’inscrire dans une continuité. Mais nous tenons également y apporter du contenu et notamment coupler l’apprentissage de la boxe à celui de l’anglais. Pour cela, on s’est associé à Planet Citizen. On aimerait aussi proposer des activités sportives pour les plus petits puisque le lieu s’y prête.

Et quelle va être votre place dans cette salle ? Vous allez entraîner ?
S.O : Oui je vais assurer quelques cours en journée. Je vais également mettre en place des programmes un peu spéciaux en couplant la boxe avec du yoga, de la piscine et un brunch. Mais nous ne sommes pas seuls, nous avons toute une équipe de bénévoles qui nous aident.

Justement, pratiquez-vous toujours la boxe ? Quelle place occupe désormais le sport dans votre vie ?
S.O : Une petite place car j’attends mon deuxième enfant ! Mais après ma grossesse, je reprendrai la boxe pour le plaisir. J’aimerais également m’investir dans la course à pieds. Avec « Boxe Inside », nous proposons aux adhérents de nombreux défis sportifs comme des trails auxquels j’aimerais participer.

Pour combiner le sport à haut niveau, l’entreprenariat et la maternité, vous avez certainement dû développer un sens de l’organisation hors du commun ! Quelles leçons en avez-vous tirées et quels conseils donneriez-vous ?
S.O : Il faut se fixer des objectifs clairs tout en sachant dédramatiser et chasser le doute aussi souvent que nécessaire. Mais le plus important est d’être bien entouré. Pour ma part, mon premier soutien a été mon mari. Il m’a soutenue moralement en étant présent et en ayant confiance en moi mais aussi en prenant le relai dans la gestion de notre famille.

Et si vos enfants souhaitent boxer, quelle sera votre réaction ?
S.O : Je n’ai pas envie de voir ma fille boxer en compétition car c’est un milieu très cruel. Mais elle vient d’une famille de boxeurs et elle a fait ses premiers pas dans une salle de boxe donc il y a de grandes chances pour qu’elle y prenne goût. Si c’est son choix, nous l’accompagnerons au mieux. Puis la boxe est un très beau sport chargé de valeurs.