Si la consigne n’est pas intégrée aux mœurs françaises d’aujourd’hui, contrairement à certains de nos voisins européens, les plus nostalgiques se souviendront qu’il fut un temps pas si lointain où elle faisait pourtant partie du quotidien. Retour sur ce système de collecte qui pourrait bientôt faire son grand retour dans les foyers français en trois dates clés.


1950 : là où tout commence

Nous avons tous en tête l’image du laitier qui, pendant la guerre, passait déposer puis reprendre les vidanges de lait, marquant alors le début du système de consigne. Mais c’est dans les années 50 qu’il fut intégré aux pratiques de consommation des Français. À l’époque, toutes les bouteilles que l’on achetait chez l’épicier étaient consignées, et les enfants qui les rapportaient dans la boutique du commerçant pouvaient s’acheter des bonbons avec les pièces qui leur étaient rendues. Les récipients étaient ensuite renvoyés au fabricant, qui pouvait les laver et les réutiliser. Tout le monde était gagnant au jeu de la collecte : le producteur avait moins de bouteilles à fabriquer, le consommateur récupérait de l’argent et l’environnement était préservé.

1960 : l'année où le jetable fait de l'ombre à la consigne

Dix ans plus tard, dans les années 60, l’industrialisation et l’apparition du jetable ringardisent la consigne. En 1963, un fabricant d’huile vantait alors les avantages de la bouteille non consignée : « C’est plus sûr : non consignée, la bouteille ne sert que pour vous, elle ne sert qu‘une fois ; vide, on la jette, elle ne revient pas ». L’emballage à usage unique devient un argument de vente, et en 30 ans la consigne disparaît alors totalement du paysage.

1992 : la consigne signe son arrêt

C’est en 1992 que la France signe l’arrêt de mort de la consigne en adoptant un système de contribution financière versée à des organismes en charge de la collecte et du tri sélectif. Mais face aux limites du système de recyclage et au manque de résultats véritablement concluants, la consigne n’a sans doute pas dit son dernier mot et pourrait bien être réintégrée dans nos quotidiens.