Le 1er décembre, Coca-Cola France accueillait plus d’une cinquantaine de jeunes entrepreneurs à l’occasion de l’édition 2017 d’Entrepreneurship School Paris. Vainqueurs ex aequo de la compétition finale, la team Handy a monté en quelques jours une application pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite en France. Un projet que les jeunes entrepreneurs entendent mener à terme.

Pour l’édition 2017 d’Entrepreneurship School Paris, les équipes étaient formées au hasard. Mais ceux-là se sont tout de suite entendus autour d’une idée : celle de créer une initiative sociale et solidaire.

En quelques jours seulement, ils ont monté de toutes pièces un projet de start-up clef en main : une application VTC qui propose un service complet et accessible pour prendre en charge les personnes à mobilité réduite de porte à porte.

L’application ? Déjà prototypée. Le site web ? En version bêta sur www.handycar.strikingly.com. Leur motto ? « With Handy, be happy ! ». Étudiant en management, Yann Petitjean, 23 ans, a pris part à cette folle aventure. Pour Coca-Cola Journey, il revient sur la genèse d’un projet qui mêle entrepreneuriat et solidarité.

Comment est née l’idée de Handy ?

Une fois réunis, nous nous sommes tout de suite beaucoup intéressés aux sujets qui tournent autour du handicap. Les idées ont fusé ! Nous nous sommes inspirés des entrepreneurs de Handivoyage : une plateforme de réservation de vacances adaptées aux personnes à mobilité réduite.

En réfléchissant à ce manque de mobilité, il nous est apparu évident que même en restant à Paris, ces personnes avaient déjà des difficultés à se déplacer. Les bus sont adaptés mais du côté du métro, aucune ligne n’est accessible à part la ligne 14.

Du côté des chauffeurs, des entreprises spécialisées existent. Mais il faut réserver à l’avance et à des horaires très précis… Rien à voir avec l’expérience des valides quand ils prennent le Uber ! Nous avons alors imaginé comment fournir un moyen de locomotion adapté à ces personnes, un VTC qu’on commande sur mobile avec un chauffeur qui vient vous chercher sur le pas de la porte !

Une fois l’idée trouvée, comment la tester dans la réalité ?

La première chose à regarder avant de lancer une start-up, c’est la taille du marché. En Île-de-France, on estime à 1,3 million le nombre de personnes qui souffrent de handicap. Mais au-delà du handicap, d’autres personnes peuvent avoir des difficultés à se déplacer : les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents d’enfants en bas âge… Et cela revient à 41,1 % de la population francilienne !

Le besoin est donc bien présent. Nous avons également contacté des associations spécialisées dans l’accompagnement des personnes à mobilité réduite comme l’APF (Association des paralysés de France). Ils nous ont rassuré sur la pertinence de notre solution.

Quelle est la valeur ajoutée de Handy ?

Notre idée est d’offrir une application mobile pour réserver un véhicule à des prix abordables. Sa valeur ajoutée, c’est l’accompagnement de porte à porte. Ce n’est pas seulement un chauffeur qui vous attend dans son véhicule ! Nous nous sommes donnés pour mission de faciliter la vie des personnes à mobilité réduite.

Au bout de trois ans, je pense qu’on peut acquérir 10 % du marché en Île-de-France. En partant sur une fréquence de 1,5 course par mois, avec une tarification moyenne de 40 euros, notre projet est déjà rentable financièrement !

« J’aime le challenge des débuts des start-up ! » Yann Petitjean, étudiant entrepreneur

Quels développements futurs pour Handy ?

Nous allons continuer à nous voir pour porter ce projet. Il faudrait d’abord nous allier à une société de transport VTC pour lancer notre activité. Il y a encore beaucoup de travail, mais nous sommes sur un projet qui peut tout à fait se lancer !

Au fur et à mesure des années, des services complémentaires peuvent même s’ajouter autour de la mission que nous nous sommes donnée. Dès 2019, on pourrait par exemple se faire livrer des médicaments ou du matériel médical volumineux…

Quels sont tes rêves d’avenir ?

J’ai beaucoup d’idées pour après, mais c’est vrai qu’il faut toujours essayer de prendre les choses une à une. Ce que j’aimerais, c’est créer des entreprises, les faire grossir quelques années le temps qu’elles fonctionnent bien pour ensuite redonner les rênes à quelqu’un. Et enchaîner avec quelque chose d’autre !

Je me vois mal rester 30 ou 40 ans dans le même secteur ! J’aime le challenge des débuts des start-up. J’aimerais aussi me former à des compétences plus techniques comme la programmation informatique. Cela me permettrait de gagner en autonomie pour lancer des projets !Yann Petitjean : le parcours d’un étudiant entrepreneur.
 

 
Yann Petitjean : le parcours d’un étudiant entrepreneur
 
À 23 ans, ce jeune niçois suit actuellement un master 2 “Innovation et création d’entreprise” à l’IAE Gustave Eiffel, une école de management à Paris. Participant de l’Entrepreneurship School Paris 2017, cet étudiant entrepreneur n’en est pourtant pas à son coup d’essai.
À son actif ? Déjà deux projets entrepreneuriaux ! TornaJob, un logiciel lancé avec deux camarades pour faciliter la gestion des agences d’intérim. Mais aussi Flash Resto : un chatbot installé sur les pages Facebook des restaurants pour consulter le menu, réserver une table et bientôt commander pour se faire livrer ! Un projet monté avec un autre étudiant entrepreneur, rencontré lors d’une précédente édition de l’Entrepreneurship School à Nice.