Inaugurée en 1970, l'usine Coca-Cola de Marseille s'apprête à fêter son 50e anniversaire. Pour l'occasion, sa directrice Laurence Vanparis revient sur le quotidien de ce site de production historique, son parcours au sein de la compagnie ainsi que la place des femmes dans le monde industriel.

Quel poste occupez-vous chez Coca-Cola ?

Laurence Vanparis : Depuis plus de trois ans, je suis directrice du site de production de Marseille, qui appartient à l'embouteilleur CCEP (Coca-Cola European Partners). Concrètement, mon rôle au quotidien est d'accompagner l'ensemble des équipes de l'usine pour qu'elles livrent, dans des délais compétitifs, des produits répondant aux attentes des clients. Pour cela, je dois m'assurer que l'état des équipements, la pertinence du planning de production, les capacités de stockage et la compétence des équipes permettent de répondre à nos engagements.

Quel a été votre parcours au sein de Coca-Cola avant d'occuper ce poste ?

L. V. : J'ai rejoint CCEP en 2003 en tant que manager qualité et environnement sur le site de production de Dunkerque. Là-bas, j'ai eu la possibilité en 2009 de prendre des responsabilités en production, en tant que superviseur des lignes de bouteilles carbonatées et aseptiques, puis des lignes boîtes. Cette expérience m'a permis de prendre ensuite le poste de responsable des opérations sur le site de Toulouse en 2012, pour en devenir la directrice en 2013. J'ai occupé cette fonction jusque fin 2016, où j'ai pris la direction de l'usine de Marseille.

Quels sont vos défis au quotidien ?

L. V. : Quand on est acteur dans une usine de production, que l’on soit directeur de l'usine ou opérateur de ligne, il y a deux priorités qui priment sur l'ensemble des actions. La première, c'est la sécurité des personnes qui travaillent ou qui viennent visiter le site. Cela passe par la prévention, l'analyse permanente des risques, et l'amélioration continue des environnements de travail. La seconde priorité est la qualité et la sécurité alimentaire de nos produits. Cela passe par la conformité sanitaire, mais aussi par un haut standard visuel sur nos packagings, sur les produits que l’on offre aux consommateurs.

À quoi ressemble la vie au quotidien dans une usine qui produit du Coca-Cola ?

L. V. : La vie en usine est rythmée par les lignes de production. À Marseille, comme sur les autres sites, nous avons des lignes haute cadence, donc cela va très vite. Pour répondre rapidement et de façon flexible aux attentes des clients, nous changeons de parfum ou de format plusieurs fois par semaine sur chacune de nos lignes de production. Elles ne s'arrêtent que pour être nettoyées ou entretenues au travers d'un plan de maintenance préventif.

Combien y a-t-il de salariés dans l'usine ? Comment fonctionne la chaîne de production ?

L. V. : Nous sommes 183 salariés sur le site de Marseille. Beaucoup d'entre eux font les trois-huit en semaine, ou sont en équipes postées le week-end. Les activités des chaînes de production sont nombreuses et variées comme le pilotage de la machine de la ligne de production ou la maintenance des équipements. Certains salariés sont chargés du contrôle qualité en ligne, d'autres de l'approvisionnement en matières premières, du stockage et de l'expédition des produits finis. Et nous avons aussi une équipe qui s'assure que toutes les activités de la chaîne de production se réalisent dans le respect de nos engagements, en particulier environnementaux.

On aurait tendance à penser que c’est un milieu masculin, quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaiteraient suivre votre voie ou travailler dans le monde industriel ?

L. V. :  Il ne faut pas penser que le monde industriel est réservé aux hommes. Les femmes y trouvent un vrai épanouissement professionnel, de vraies opportunités d'évolution, et d'ailleurs les choses bougent très vite. On a de plus en plus de femmes managers, ou qui ont des responsabilités en production. Et même si elles ne sont pas nombreuses, on a aussi des femmes qui pilotent des machines sur les lignes de production. Si j'avais un seul conseil à donner aux femmes, c'est vraiment d'oser. C'est la compétence qui compte, donc il faut y aller ! Nous sommes d’ailleurs deux directrices d’usines sur les 5 que comptent Coca-Cola European Partners en France.

La féminisation du monde industriel et la nécessité de faire connaître ces opportunités aux femmes me tiennent particulièrement à cœur. C'est pourquoi j'ai créé il y a un peu plus de quatre ans un réseau qui s'appelle Factory'Elles et permet à des femmes de s'inspirer du parcours d'autres femmes.

Quand a été ouverte l’usine de Marseille ?

L. V. : L'année prochaine, l'usine de Marseille fêtera ses 50 ans, car elle a été inaugurée en 1970. J'ai pu voir quelques photos apportées par les plus anciens... c'est une usine qui a su en permanence se développer au travers de nouvelles technologies, tout en maintenant un ancrage local fort au sein de la commune des Pennes-Mirabeau. C'est une vraie fierté pour tout le monde de travailler sur un site qui a une telle histoire... Cinquante ans, ça pèse !