Sur la route de Monaco : comment compenser l’empreinte carbone de notre All Hands Meeting ?

Sur la route de Monaco : comment compenser l’empreinte carbone de notre All Hands Meeting ?

Faire venir 800 associés d’Europe de l’Ouest à Monaco, pour l’événement professionnel interne “All Hands Meeting”, est une large opération logistique. Cela nécessite d’organiser le transport, l’hébergement, la restauration et plus encore. Inévitablement, cela a des conséquences sur l’empreinte environnementale. Engagé en faveur du climat et notamment dans la réduction des gaz à effets de serre sur ses opérations directes, Coca-Cola use de tous les moyens à sa disposition pour limiter son impact.

 

Le changement climatique est l’un des défis majeurs du monde aujourd’hui. Afin de limiter son impact et jouer un rôle dans l’effort global, Coca-Cola s’est engagé à réduire de 50 % ses émissions carbone sur ses activités directes et de 35 % sur l’ensemble du cycle de vie de ses produits entre 2010 et 2025. Retour sur un exemple parlant avec Clarisse Fageolles, responsable de la RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) chez Coca-Cola France et membre de l’équipe d’organisation du “All Hands Meeting”, qui nous explique comment l’empreinte carbone de ce déplacement est compensée.

 

Clarisse Fageolles : Lorsqu’il s’agit de réduire l’empreinte carbone, nous avons deux options. La première est de réduire nos propres émissions de carbone, ce que Coca-Cola fait déjà depuis longtemps. Par exemple, nous produisons localement afin que nos produits soient transportés sur de courtes distances, nous avons allégé nos packagings et nous utilisons des sources d'énergies renouvelables. Pour les émissions que nous ne pouvons pas éviter, nous compensons notre empreinte via un programme certifié. C’est la première fois que nous mettons ces mesures en place pour le “All Hands Meeting” d’Europe de l’Ouest, il est alors important pour nous de bien faire les choses.

 

Pourquoi faire cela maintenant ?

 

C. F : Lorsque l’équipe française s’est réunie pour l’organisation du “All Hands Meeting”, nous nous sommes demandés comment faire la différence. Recycler nos déchets et minimiser notre empreinte carbone sont arrivés en tête de l’ordre du jour. C’est comme cela que l’idée d’un programme de compensation carbone est née. C’est un projet qui nécessite d’importantes précautions, des considérations éthiques et des critères rigoureux. Nous avons alors demandé l’aide d’un partenaire expert en la matière, EcoAct. Cette agence internationale conseille et accompagne les entreprises dans la réduction de leurs émissions carbone. Ayant déjà obtenu des résultats avec de grandes compagnies comme L’Oréal et Carrefour, nous savions qu’EcoAct comprendrait la complexité et l’ampleur de notre événement.

 

Comment fonctionne la compensation carbone ?

 

C. F : La compensation carbone consiste à contrebalancer les gaz à effets de serre émis à un endroit en les réduisant ailleurs. Pour cela nous achetons des crédits à un projet certifié. Dans un premier temps, il faut calculer ses émissions. Ensuite, il faut trouver un projet dont les certifications sont conformes et qui réduit une quantité équivalente d’émissions, comme la préservation des forêts par exemple. Les émissions économisées sont calculées en crédits carbone, que nous pouvons alors acheter. Chaque crédit carbone correspond à une tonne de CO2 évitée dans le monde. Cela ne fait pas disparaître nos émissions, mais crée un impact positif global.

 

Quelle est l’ampleur de l’empreinte carbone de Coca-Cola ?

 

C. F. : EcoAct a calculé le total des émissions générées par l’organisation de notre meeting. La principale source d’émissions de CO2 est le transport. Nous avons estimé que le transport aérien de 800 personnes jusqu’à Monaco équivalait à 600 tonnes de CO2 émises. Nous avons cherché un projet qui pouvait compenser, pour assurer une somme nulle en carbone. Le projet “Clean Water” en Erythrée nous a paru parfaitement adapté, car favoriser l’accès à une eau sûre et potable fait partie de nos engagements à long terme dans le cadre de notre plan de gestion de l’eau à l’international.

 

Comment faire la différence ?

 

C. F. : Le projet “Clean Water” donne un accès à l'eau potable aux communautés érythréennes en réparant et entretenant les forages. Les familles n'ont alors plus besoin de faire bouillir l'eau, ce qui économise du bois de chauffage et supprime les émissions de carbone. Dans les communautés rurales d'Afrique, de nombreuses personnes dépendent de la combustion du bois pour rendre l'eau potable. Rien qu'au Kenya, cela détruit chaque année 50 000 acres de forêt.

 

Ce projet améliore les conditions de vie de 190 000 personnes, en fournissant de l'eau salubre et en réduisant les maladies. Mais ce n'est pas tout. En réduisant les besoins en bois et donc son ramassage, cela signifie plus de temps pour le travail et l'éducation des femmes et des enfants. Aussi, l'entretien continu des forages contribue à garantir l'emploi, au profit de l'économie locale. Ainsi, en soutenant ce projet, nous pouvons réduire le CO2 et bénéficier aux écosystèmes, à la santé des communautés et aux économies locales.

 

Pourquoi ne pas avoir choisi un projet plus près de la France ?

 

C. F. : Pour Coca-Cola, il était important de soutenir un projet qui a fait ses preuves et dont l’impact est déjà positif. Le projet d'assainissement de l'eau en Érythrée est en cours depuis plusieurs années, ce qui signifie que les crédits carbone sont déjà disponibles. Il existe d'autres projets plus petits, en Europe et en France, en particulier dans le reboisement. Mais ces crédits carbone ne se matérialiseront que d’ici trois à cinq ans, et sont soumis à des circonstances imprévues, comme des sécheresses ou des incendies de forêt.

 

De plus, l'obtention de la certification d'un projet est longue, avec des audits réguliers, et la demande dépasse l'offre. Le projet en Erythrée possède la bonne certification et la salubrité de l’eau est un sujet qui tient à cœur à notre entreprise.

 

Ne serait-il pas préférable de ne pas tenir le “All Hands Meeting” pour éviter les émissions de carbone ?

 

C. F. : C’est une question que nos collègues nous posent également et je la comprends. Nous y réfléchissons très attentivement. Cette réunion est un gros investissement. Nous pensons que réunir les équipes pour évoquer la stratégie et les plans pour l'année à venir, comme les liens qui se nouent entre collègues qui n’ont pas l’occasion de se rencontrer autrement, en valent la peine. Un seul rassemblement annuel est plus efficace que plusieurs petites réunions éparses pour ressentir la passion et l'énergie que nous avons en tant qu'unité commerciale. On ne peut pas obtenir le même effet à distance mais nous pouvons toujours faire mieux. C’est pourquoi nous faisons un gros effort cette année pour réduire notre impact. Nous ne sommes peut-être pas encore parfaits, mais il faut bien commencer quelque part.

 

Sur le reste de l’année, nous sommes également très attentifs à notre impact. Nous organisons d’autres plénières, mais nous avons fait beaucoup d'efforts en Europe occidentale pour encourager les réunions par téléphone, sur Skype et Teams. Cela signifie moins de déplacements et d'émissions de CO2. Il s'agit de prendre des décisions responsables.

 

Quelles autres mesures avez-vous prises pour réduire votre empreinte à Monaco ?

 

C. F. : L'un des grands avantages de Monaco est que presque tout est accessible à pied, ce qui permet de réduire considérablement les émissions liées aux transports une fois sur place. Nous avons également veillé à ce que nos fournisseurs respectent les mêmes normes de durabilité que nous.

 

Les hôtels ont des politiques en place pour réduire leur consommation d'eau et d'énergie et pour nos dîners, nous avons choisi Helen Traiteur pour ses engagements durables. La plupart des ingrédients utilisés sont d'origine locale, ce qui réduit les émissions de carbone et profite aux fournisseurs locaux. Helen Traiteur est l'un des rares traiteurs à détenir une certification ISO 20121 pour l'achat et l'approvisionnement durables et est signataire du Pacte national contre le gaspillage alimentaire, veillant à ce que les restes de repas soient redistribués aux associations locales d'aide aux personnes dans le besoin.

 

De plus petites mesures sont également mises en place comme la distribution de marqueurs personnels à disposer sur ses boissons afin de les retrouver facilement. Aussi, des machines de recyclages événementielles encourageront la collecte d’emballages avec Celebrating You et Diesel ReCollection.

 

Que peuvent faire les participants pour réduire leur propre empreinte environnementale lors de l'événement ?

 

Bien sûr, ils peuvent recycler leurs emballages, qu'il s’agisse de bouteilles en plastique, de canettes ou de verre. Il est également important de terminer sa bouteille d’eau avant d’en prendre une autre durant les pauses. Et, grâce aux marqueurs personnalisés, chacun pourra facilement retrouver sa boisson. À l’hôtel, le premier geste à avoir est de ne pas demander le changement systématique des serviettes de toilettes. Et enfin, pour les déplacements il faut privilégier la marche à pied, d’autant que Monaco permet de profiter d’un cadre magnifique !