Le 30 juin 2017, le premier « Innovathon » initié par Coca-Cola France réunissait à Paris plus d’une trentaine d’acteurs de l’innovation. Start-uppers, inventeurs, experts, créateurs de lieux et spécialistes étaient conviés à la REcyclerie pour réfléchir ensemble sur le thème de l’environnement et tout particulièrement sur le recyclage des emballages plastiques. Comment créer une dynamique positive de collecte des déchets ? Retour sur une journée particulière où les cerveaux s’activent en open source, où les idées fusent… et où un projet durable prend forme.

L’innovation est au centre de nombreux enjeux chez Coca-Cola. Elle vaut pour les produits mais aussi pour les engagements sociaux et environnementaux : avec l’évolution des packagings qui nécessitent moins de matériaux, la création en France d’un centre de recyclage ou encore la révolution de la PlantBottle, une bouteille réalisée à partir de matière végétale. De la conception à la distribution, les bouteilles sont entièrement pensées pour être recyclées.

Présente à la REcyclerie, Ulrike Sapiro, la Directrice du Développement durable chez The Coca-Cola Company, paraît pourtant contrariée : « Près de la moitié des emballages distribués dans le monde sont perdus », tranche-t-elle. En France, seuls 68 % des bouteilles PET sont recyclées et ce chiffre tombe à 10 % dans la capitale parisienne. « L’élément clef reste la collecte, souligne-t-elle. La pollution des océans par le plastique se généralise alors que ces mêmes emballages représentent une vraie opportunité ! ».

« La pollution des océans par le plastique se généralise alors que ces mêmes emballages représentent une vraie opportunité ! » Ulrike Sapiro, Directrice du Développement durable The Coca-Cola Company

« Pour nos consommateurs, le recyclage est également un élément très important, continue le Directeur de la Communication Laurent Turpault. De façon générale, 50 % de l’intention d’achat est conduite par l’image de notre société ou de notre catégorie de produits. En tant que leader, il est de notre responsabilité de mener des projets très concrets. » Des dispositifs innovants que Coca-Cola France s’engage à mettre en place dès l’année 2018… avant de les développer à grande échelle.

Yellow Project : l’innovation open source pour le monde de demain

Comment impliquer le consommateur et améliorer la collecte des bouteilles PET ? Comment innover dans des matériaux plus écologiques ? Et surtout, qui réunir pour trouver des solutions ? À cette dernière question, le concepteur de cette journée, Michel Gotlib, coupe court : « Il n’y a pas besoin de savoir grand-chose pour inventer : il faut trouver des acteurs de l’innovation à la fois pointus et très généralistes, des visionnaires qui savent entrer dans les détails… ».

« Pour inventer, il faut des acteurs pointus et généralistes et trouver des visionnaires qui savent entrer dans les détails » Michel Gotlib, Révélateur de talents

Son travail ? « Révélateur de potentiels » justement. « Ce que je vise, c’est l’inverse d’un think-tank, des solutions concrètes et applicables rapidement », résume Michel Gotlib. Pour imaginer les solutions du recyclage de demain, il a sollicité, en concertation avec Coca-Cola France, des profils aussi divers que variés : des dirigeants de start-ups installées, des spécialistes du déploiement commercial ou de l’entreprenariat social comme Ticket for Change mais aussi des experts de l’environnement, comme WWF France, ou du packaging comme Michel Fontaine, Président du Conseil national de l’emballage (CNE).

Laurent Turpault, Directeur de la Communication de Coca-Cola France (gauche), Ulrike Sapiro, Directrice du Développement durable de The Coca-Cola Company (centre), Michel Gotlib, Révélateur de potentiels (droite)

© Johnny Yim

Ce dernier attend d’ailleurs beaucoup de cet « Innovathon » du recyclage : « Je suis à chaque fois emerveillé de voir à quel point la mise en commun des intelligences au service d’une cause commune peut générer des idées impactantes et disruptives - Des idées qui peuvent réellement faire bouger les choses et créer de nouvelles opportunités ! »

Coca-Cola France, acteur de l’économie circulaire

En France, les entreprises sont légalement tenues responsables de la fin de vie des emballages. Pour près de 50 000 d’entre elles, dont Coca-Cola France, cela passe notamment par le financement d’Éco-Emballages, une entreprise privée – connue pour son logo « Point Vert » – qui organise le tri des ressources du packaging. Avec Yellow Project, Coca-Cola entend aller au-delà et s’implique pour imaginer une meilleure collecte des emballages.


Le recyclage est un enjeu central pour Coca-Cola France et son partenaire embouteilleur Coca-Cola European Partners (CCEP).

« À terme, il est fort probable que le projet ne soit pas intégralement porté par Coca-Cola, confirme Laurent Turpault. Sur le mode collaboratif, il y a fort à parier que les parties prenantes seront amenées à créer des partenariats durables autour de ces initiatives. » Du côté des quatre équipes réunies autour de tables rondes, l’idée d’une « Yellow Factory » fait rapidement surface, une structure inter-entreprise qui collecterait les emballages plastiques. Ou pourquoi ne pas imaginer une nouvelle sorte de point relais dans lequel le plastique réduit en paillettes et granules (chez soi par exemple) serait une monnaie parallèle ? Un « green coin » qui permettrait de faire ses emplettes ou même d’acheter un ticket de métro !

« Nous souhaitons faire partie de la solution de demain »

Dans son approche d’économie circulaire, Coca-Cola France s’engage pour que ce que nous nommons les « déchets » soient, au contraire, reconnus comme des ressources. « Nous souhaitons faire partie de la solution de demain, résume Ulrike Sapiro. Avec la diversité de talents réunis aujourd’hui, si nous ne trouvons pas de solutions directement applicables, je crois que personne ne le peut ! ».

Un engagement, des idées… et de nombreuses solutions à la clef après cette première étape du Yellow Project. Le rendez-vous est fixé à la rentrée 2017 pour découvrir en détail l’initiative retenue pour atteindre l’objectif du zéro déchet.
 

Cliquez pour revivre en photo le premier « Innovathon », initié par Coca-Cola France.

 

TROIS QUESTIONS AU DESIGNER GUILLAUME COUCHE

Designer français formé dans la prestigieuse école du Royal College of Art, à Londres, Guillaume Couche dirige aujourd’hui Wolf in Motion, un studio de design spécialisé dans l’innovation et la création d’expériences VR.

 

Au sein de cette journée du Yellow Project, quel est votre rôle exact ?

Aujourd’hui, mon rôle est moins celui d’un expert que d’un agitateur ! Je ne veux toutefois pas imposer mes points de vue de designer. Au contraire, nous mettons toutes nos idées sur la table, même celles qui n’auraient, a priori, pas l'air viables écologiquement, économiquement ou technologiquement. En effet, elles peuvent nous mener à d’autres solutions auxquelles nous n’aurions pas songé autrement…

Dans nos échanges, les collaborateurs de Coca-Cola sont aussi des partenaires pour imaginer le futur de leur entreprise et cela importe beaucoup. Pour créer une dynamique d’innovation, il faut souvent remettre en question certaines façons de faire.

Pourquoi avez-vous tenu à participer à cette journée ?

J’ai été contacté sur LinkedIn par Michel Gotlib qui organise l’événement. À travers le design thinking [un processus de co-créativité qui sollicite l’expérience de l’utilisateur, NDLR], je m’intéresse à énormément de problématiques et j’ai eu envie de relever ce challenge. J’arrive facilement à visualiser les choses et j’adore imaginer des concepts ou scénarios qui n’existent pas. Et puis c’est très gratifiant d’aider les autres et d’avoir l’opportunité de participer à un changement positif global.

Il est vrai que le recyclage n’est pas un sujet facile : il y a de nombreux aspects contraignants, culpabilisants voire même punitifs qu’il faut éviter. Mais il me semble qu’il y a aujourd’hui une bonne dynamique et que les gens sont de plus en plus réceptifs à ces questions !

En quoi le secteur privé peut-il réellement contribuer à l’intérêt général ?

Sur des sujets compliqués comme le recyclage, les entreprises sont tout à fait en mesure de sensibiliser le grand public. Créer de l’envie et de l’excitation sur un sujet ou sur un produit, c’est la très grande expertise dont jouissent les marques. La plupart des choix du consommateur se fait toujours en pleine conscience. L’adolescent dans la rue qui boit sa bouteille de Coca-Cola a aussi choisi ses chaussures, ses écouteurs et son sac à dos en fonction de ce que la marque représentait.

Si nous parvenons à réellement créer un business model qui a un vrai impact social et/ou environnemental, nous créerons automatiquement de la concurrence. Et le marché devra développer des initiatives similaires pour s’aligner. Dans ce cas de figure, une démarche à dimension commerciale peut être bénéfique et durable !