Émilie Fer, championne olympique de slalom en canoë-kayak lors des Jeux olympiques de Londres en 2012, est avec Charles Rozoy l'une des athlètes parrainés par Coca-Cola pour les prochains JO. À la veille de ses derniers Jeux, elle revient sur son parcours et les plus belles émotions de sa carrière, le regard résolument tourné vers l'avenir.

Journey : Comment avez-vous débuté le kayak ?

Émilie Fer : « J'avais 11 ans lorsque j'ai commencé. Puis je me suis lancée en compétition quatre ans plus tard. J'ai tout de suite aimé les sensations mais j'ai surtout été conquise par l’ambiance familiale et détendue qui règne dans ce sport. Aussi étonnant que cela puisse paraître je ne suis pas très axée sur la compétition, ce n'est pas mon moteur. Je cherche avant tout à me sentir bien au sein d'un groupe.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre discipline et votre parcours ?

Je pratique le slalom mais j’aime aussi la descente de rivière. J’ai participé à 10 championnats du monde, deux Jeux olympiques et gagné presque toutes les plus belles médailles. Lorsque je pense à mes meilleurs souvenirs il y a ma médaille d’or obtenue à Londres en 2012 bien sûr, mais aussi un voyage en Afrique et la descente du Zambèze en kayak. Pour moi c'est un peu comme une deuxième médaille d'or.

Que représentent les Jeux olympiques pour vous ?

Si je me qualifie pour les JO de Rio 2016 au mois d'avril ce seront mes troisièmes jeux. C'est une des plus belles courses que l’on puisse faire, il y a une vraie magie. Un titre de champion olympique ça marque toute la vie et, à l'inverse d'un titre mondial, on le reste pour toujours. C’est la même médaille que Teddy Riner ou Renaud Lavillenie.

Quels souvenirs gardez-vous de vos participations à Pékin et Londres ?

À Pékin tout s'est fait un peu vite, j’ai été sélectionnée contre toute attente et je n'ai même pas eu le temps de m’en rendre compte. À Londres j’étais prête à revivre ces sensations. On est là, face à une arène, tout le monde attend. Cela peut faire peur mais c'est en même temps très fort à vivre. J’espère pouvoir connaître des moments aussi forts en dehors du sport. Ça fait même un peu peur… Ces jeux seront mes derniers. J'ai 32 ans, j'arrête.

Comment abordez-vous Rio ?

Il n'y a qu'une seule place... L'idée est de maintenir un niveau jusqu’au mois d’avril avec des déplacements dans des pays chauds, en Australie notamment et peut-être Dubaï. Ensuite il restera deux mois, on va s’entraîner à Pau sur le site des sélections pour affiner la préparation. Ça va être une belle année, très intense.

Comment envisagez-vous votre retraite sportive ?

J’aimerais travailler avec des jeunes de la maternelle au collège. Lier le moteur au mental et les sensibiliser à l’activité physique dès le plus jeune âge. Quand je vois ce que le sport m’a permis d’accomplir et là où j’en suis aujourd’hui, je me dis que tout le monde devrait avoir accès à ça. Je veux transmettre cette envie de se découvrir grâce au sport. On passe par tellement d'émotions, on vit des choses si fortes... Et on est obligé de se remettre en question tous les jours. Il n’y a pas mieux pour avancer.