À l’approche des Jeux paralympiques de Rio 2016, du 7 au 18 septembre, c’est à Bourges que s’entraînent Antoine Jesel et son équipage. Une fois de plus réunis pour un stage au club d’aviron de Bourges, au sein du CREPS du Centre-Val de Loire, l’équipée est maintenant lancée dans sa dernière ligne droite. Et à mesure que la date du départ approche, l’entraînement monte en intensité !

C’est sur la Marne qu’Antoine Jesel a l’habitude de naviguer, attaché au club d’aviron Marne et Joinville, à Joinville le Pont. Mais une partie de son équipage est de Marseille et une autre de Grenoble. Depuis plusieurs mois, ils se retrouvent donc tous à Bourges pour s’entraîner, à raison de 10 jours par mois.

À l’issue des Championnats de France en individuel, en avril 2016, les membres de l’équipage français étaient sélectionnés par la Fédération française d’aviron – après avoir déjà passé de nombreuses épreuves durant l’hiver. Direction Rio, pour représenter les couleurs de la France.

Antoine Jesel : « Je pars à Rio pour le plaisir du sport ! »

« Je suis très content d’aller à Rio !, s’enthousiasme le rameur. Nous partons une semaine avant le début des Jeux paralympiques, le 1er septembre, afin de rattraper le décalage horaire et de prendre nos marques sur le bassin. Londres 2012 étaient mes premiers Jeux, poursuit-il. J’y ai mis une connotation très symbolique et très personnelle car c’était un Londonien qui m’avait renversé en voiture en 2004… »

La jambe gauche paralysée depuis l’accident, Antoine Jesel parvient pourtant à reprendre l’aviron dès 2005, après plus d’une vingtaine d’opérations, de multiples greffes et un an de rééducation. « Je suis allé à Londres avec un esprit de revanche. J’y ai fait le deuil de mon accident et je pars à Rio pour le plaisir du sport et continuer à dépasser mes limites physiques ! »

Du 9 au 11 septembre, sur les eaux de la lagune Rodrigo de Freita, le spectacle promet déjà d’être sensationnel : « J’attends avec impatience de voir la lagune de mes propres yeux. Cela va être une expérience exceptionnelle de ramer dans ce magnifique endroit. J’espère simplement que ce ne sera pas trop déstabilisant », sourit Antoine Jesel.

Car la concurrence internationale est dense : « Notre objectif à tous pour ces Jeux, c’est de faire une performance qui nous permette d’accéder à la finale ». D’ici là, c’est un véritable stage intensif que suit notre équipage français à Bourges. Emploi du temps cadré à la minute près, on ne laisse ici rien au hasard !

Une journée-type de l’entraînement tricolore

FFA  Bourges

De gauche à droite : Anne-Laure Frappart, Antoine Jesel, Robin Lebarreau (bar), Rémy Taranto et Céline Aubert à l’Aviron Club de Bourges lors de leur entraînement. 

© Aviron France | Lionel Piquard

• 6h30 : lever aux aurores

« Dès le réveil, nous vérifions tous notre fréquence cardiaque, explique le rameur. Si elle est plus ou moins forte que d’habitude, cela peut être un signe de fatigue ! À la visite médicale, nous allons ensuite nous peser, puis vérifier notre tension. C’est aussi l’occasion d’un petit réveil musculaire, tout en gainages et assouplissements, avant d’aller petit-déjeuner à 7 heures. »

• 8h : sortie matinale dans le bassin

« Dès 8 heures, nous sommes sur l’eau. Nos séances d’entraînement durent en moyenne une heure et demi. Nous pouvons y travailler l’endurance et la puissance, mais aussi des points plus techniques. Tous les deux jours, cette séance matinale est remplacée par de la musculation. »

• 11h : la récupération après l’effort

« Après chaque entraînement, nous avons obligatoirement une séance de gainage. J’enchaîne ensuite avec le kinésithérapeute, qui me permet de mieux récupérer après l’effort. Et pour éviter toute inflammation, un appareil qui se fixe à la cheville permet de faire descendre la température d’un degré. »

• 12h : une pause bien méritée

« Nous rentrons pour déjeuner le midi et nous faisons ensuite une sieste, à 13 heures. Sur le site, on est complètement pris en charge : on est logés, nourris et blanchis ! »

15h : retour sur l’eau

« À 15 heures, nous sommes à nouveau dans le bassin pour une nouvelle heure et demi d’entraînement. Nous essayons d’alterner avec la séance du matin : si c’était plutôt de la technique le matin, nous nous concentrons par exemple sur le physique. L’entraînement est suivi, à 17 heures, d’une autre séance de physio. »

• 19h : derniers moments de cohésion

« Nous dînons sur les coups de 19 heures. L’équipage se réunit ensuite lors de réunions de cohésion d’une heure environ où l’on peut par exemple visionner et analyser nos performances. »

• 22h30 : extinction des feux

« Le temps d’appeler sa femme ou de voir sa fille en visioconférence, il est déjà l’heure de se coucher car on se lève le lendemain à 6h30… C’est notre programme pour les quatre prochaines semaines, jusqu’à notre départ pour Rio, le 1er septembre, que nous attendons tous avec impatience ! »