Entraîneur emblématique de l'équipe d'Arsenal, Arsène Wenger a été choisi par Coca-Cola pour devenir son consultant pendant toute la durée de l'UEFA EURO 2016™. Avec son regard d'expert et son habitude des grands rendez-vous, il donnera son avis sur les matchs et la compétition dans des vidéos exclusives diffusées sur les réseaux sociaux de Coca-Cola France. Mais avant d'être un coach célèbre, Arsène Wenger est surtout un passionné. De Strasbourg au Japon, il n'a cessé de communiquer son savoir et son enthousiasme. Itinéraire d'un fan de foot qui n'aime rien tant que regarder des matchs avec ses amis !

Journey : Comment et à quel âge a démarré votre passion pour le football ?

Arsène Wenger : « Mon père voyait que je tapais dans la balle avec mes potes et a eu l'idée de créer une équipe lorsque j'avais 13 ans. Il faut préciser que j'ai été élevé dans un petit restaurant qui était le siège officiel du club de foot de mon village (en Alsace). Les habitués affichaient le mercredi soir dans un petit casier le nom de l'équipe du dimanche. Un comité de sélection s'était formé et les gars discutaient entre eux pour savoir qui allait jouer. Ces discussions étaient très passionnées...

Enfant, vous preniez déjà part à ces échanges ?

Des fois je me disais : « Ils se trompent, celui-là n'est pas bon ! » J'en discutais récemment avec un ami et je lui disais : « Finalement, j'ai pas eu le choix, j'ai terminé là où je devais terminer ! »

Quel est votre club de cœur ?

Strasbourg, l'équipe de ma région, reste mon club de cœur. À l'époque, l'équipe jouait en première division, et c'était la fête quand de temps en temps mon oncle m'emmenait voir un match. Moi qui sortais d'un village au contact des chevaux et des champs, j'avais l'impression d'être sur une autre planète !

Comment expliquez-vous que le football véhicule des valeurs aussi universelles et qu'il fédère autant à travers le monde ?

Le football est devenu extrêmement populaire à mon avis pour trois raisons. La première : que vous soyez grand ou petit, si vous êtes bon, vous jouez. Ce n'est pas le cas dans tous les autres sports et vous vous rendrez compte que, bien souvent, les meilleurs joueurs au monde étaient les plus petits. La deuxième raison est qu'on n'a pas besoin de structure pour jouer au foot. Vous pouvez jouer dans la rue avec une orange ou une boule de papier et faire un but avec deux cailloux. La troisième, et celle qui à mon avis nous fait peut-être le plus souffrir… mais aussi le plus espérer, est que le foot est le sport collectif le plus imprévisible ! Si demain, le PSG joue à Blois, toute la semaine les gens à Blois peuvent s'enthousiasmer, rêver et penser qu'ils ont une chance de les battre. Ce côté imprévisible créé une adhésion mondiale, partout et donne de l'espoir à tout le monde.

On vous connaît en tant qu'entraîneur mais moins en tant qu'éducateur. De quelle fonction êtes-vous le plus fier ?

J'ai toujours pensé que la première fonction de l'entraîneur est d'être éducateur. Je ne vois pas la philosophie de ce métier être tenable sans cette mission-là. Je pense qu'il faut développer les qualités qu'il y a chez un individu, le guider dans le bon sens. L'histoire d'une vie réussie est celle de la rencontre entre quelqu'un qui a un talent, une envie de bien faire et quelqu'un qui lui donne sa chance et le met sur le chemin qui va lui permettre d'atteindre son objectif.

Quels fans ont le plus retenu votre attention à travers le monde ?

Lorsque j'étais à Nagoya (Japon), il y avait beaucoup de filles dans l'assistance. Au Japon, le public est très enthousiaste, ça chante beaucoup. Mais quand on prenait un but, je me souviens avoir vu des gros plans des visages des spectateurs, les gens se taisaient et il n'y avait que les larmes qui coulaient sur les visages des filles tellement elles souffraient…

Et en Angleterre ?

En Angleterre, les supporters jouent chaque ballon du match, chaque passe, chaque tacle, chaque corner. Ces manifestations d'émotions créent un vrai support pour les joueurs.

Comment définiriez-vous le fan Arsène Wenger ?

J'ai deux façons de regarder les matchs. Quand le match m'importe vraiment, que je veux regarder des aspects techniques ou la qualité individuelle d'un joueur, je le regarde seul. Je suis vraiment à fond. Mais je préfère regarder les matchs avec mes copains autour d'une bonne table, vibrer ensemble et discuter ensuite. Après la rencontre, c'est là qu'un autre match commence, que chacun donne son avis, argumente et c'est ce qui est le plus intéressant !