Brian Liebenberg, ancien international de rugby, vainqueur de trois titres de champion de France avec le Stade Français, a pris le tournant de la reconversion avec talent. En mai 2014, il a lancé le PLAYBALL, un ballon « Rugby's cube » - comme il le surnomme - dédié à l'apprentissage et la promotion de ce sport.

Alors qu'il vient d'en faire la présentation à Toulouse pour la fin de la tournée estivale du SPORT ÇA ME DIT, Brian Liebenberg nous raconte la genèse de ce projet et nous en dit plus sur les valeurs du rugby.

Journey: Comment vous est venue l'idée du ballon PLAYBALL ? À qui s'adresse-t-il ?

Brian Liebenberg: « En regardant des jeunes jouer au football dans la rue, j'ai compris pourquoi ce sport est si populaire. Il suffit d'un ballon pour s'amuser ! Au rugby les règles sont plus complexes et les enfants y sont moins familiarisés. J'ai donc eu l'idée de ce ballon, le PLAYBALL, à la fois ludique et pédagogique qui permet de jouer au rugby n'importe où. J'ai envie de promouvoir le rugby et d'encourager l'apprentissage de ses techniques auprès des plus jeunes bien sûr, mais pas seulement. L'absence de contact rend le PLAYBALL accessible à tous : filles, garçons, mais aussi aux personnes en situation de handicap. En cette année de Coupe du monde de rugby, Coca-Cola voulait intégrer ce sport à son dispositif du SPORT ÇA ME DIT avec la pratique du Flag Rugby. Je me suis complètement retrouvé dans ce projet car nous avons un objectif commun : faire bouger les gamins et leur donner envie de découvrir d'autres sports.

J: En quoi l'enseignement du rugby en Afrique du sud diffère-t-il de celui dispensé en France ?

BL: La technique est au cœur de l'apprentissage et de la pratique du rugby dans l'hémisphère sud. Dans mon pays d'origine, l'Afrique du sud, les gamins y sont très tôt sensibilisés et cela se ressent ensuite chez les professionnels. À l'inverse d'un ballon classique avec lequel ils enchaînent des passes vrillées, le PLAYBALL permet aux enfants de découvrir toutes les techniques et de ne pas être cantonnés à un seul poste. Le ballon présente aussi l'avantage, grâce à ses pictogrammes, d'être international. Les gestes indiqués ont du sens pour tous, quelle que soit leur langue.

Playball

Le ballon PLAYBALL est en pneu recyclé, une manière pour Brian Liebenberg « de faire du recyclage un outil éducatif. »

© Mathilde Cremades

J: Pouvez-vous nous expliquer plus en détails les techniques imprimées sur le ballon ?

BL: La surface du ballon est divisée en six zones, chacune illustrée d'un pictogramme de couleur différente, associé à une technique du rugby. Quand un enfant attrape le ballon, son pouce droit va toucher une de ces zones et il devra alors réaliser l'action correspondante : la passe vrillée, le lancer du talonneur, la Pop Pass (passe courte sans rotation du ballon), la passe au pied, la passe sur un pas ou bien le drop. À travers ce jeu, on apprend aux enfants à attraper à deux mains et à acquérir les gestes de base du rugby. En plus, j'aime cette idée d'utiliser le pouce qui est associé à un signe très positif : le pouce vers le haut. C'est l'essence même du PLAYBALL tel que nous souhaitons le promouvoir : une activité fun et positive.

J: Quelles sont selon vous les valeurs phares du rugby ?

BL: Le rugby est un sport de contact et de combat. Cependant, les joueurs ont besoin de leurs coéquipiers et de leurs adversaires. Le respect est donc primordial. Pour son opposant comme pour l’arbitre. Lorsqu'il siffle, personne ne discute. De la même manière, lorsqu'un joueur se blesse, il continue et préférera toujours « se battre » parce qu'il sait que son copain compte sur lui. Les joueurs font également preuve d'une grande humilité face à la défaite. Même lors d'une Coupe du monde, l'équipe victorieuse applaudit toujours la perdante à sa sortie du terrain. L'Afrique du sud a récemment perdu contre le Japon. Les joueurs ont immédiatement reconnu la valeur du vainqueur et admis qu'ils avaient moins bien joué. Et dans les tribunes c’est pareil. L'ambiance est toujours très respectueuse entre les supporters. Au-delà des rivalités, il s'agit avant tout d'amoureux du rugby qui se retrouvent pour regarder un match.

J: D'où vous vient cette envie de transmettre votre amour de l’ovalie aux plus jeunes ?

BL: Mon grand-père jouait déjà au rugby et lorsque j'étais tout petit, mon oncle m'a offert un vrai ballon en cuir à l'ancienne. Je n'y avais jamais pensé mais je réalise que finalement, cette idée de la transmission, que je reproduis aujourd'hui avec le PLAYBALL, se rattache à ce cadeau. À travers ce ballon, je transmets bien plus que le rugby. Toutes les valeurs positives qu'il véhicule. »