Carlo est Sicilien. Il joue au « calcio » depuis toujours. En véritable fan de la Roma et de la « Nazionale », il nous fait part de son amour pour ce sport qui « amplifie les émotions quand elles sont partagées. » Un peu comme Florent, notre supporter français.

Journey : Que représente le foot pour vous ?

Carlo : « C’est une de mes plus grandes passions depuis que je suis gosse. En Italie, c’est le sport le plus important. On suit tous le championnat et on fait tous du foot. D’ailleurs la rivalité entre les clubs peut être très forte. On échange beaucoup de piques, on se moque des équipes adverses… Mais avec la sélection italienne, ce qui est beau, c’est qu’il n’y a plus qu’une seule équipe pour tout le pays.

Pourquoi les émotions sont-elles si fortes au football ?

C’est un sport d’équipe. Et contrairement aux sports individuels, un but peut se partager avec son équipe, le public ou à la maison. Comme on dit, l’union fait la force et j’ajouterai que le partage amplifie l’émotion.

Quel est votre plus grand souvenir avec la « Squadra Azzura » ?

C’est une question très facile pour moi. On célèbre tout juste, cette année, les 10 ans de la victoire de l’Italie face à la France en finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne. C’est ce jour-là que j’ai expérimenté la plus grande émotion de ma vie. Le but de Zinedine Zidane qui entre de justesse sous la barre de Gianluigi Buffon – vous vous en souvenez non ? (rires) - puis le but de Materazzi, le coup de tête, et enfin la séance de tirs aux buts. Mais je me souviens aussi de la qualification pour la finale. J’entends encore la radio crier : « Siamo in finale, siamo in Berlino ! » (On est en finale, on va à Berlin !). C’était encore plus fort qu’une victoire de la Roma. Toute la nation était dans la rue.

Et le pire ?

Celle-là aussi est facile (rires). Il y a plusieurs souvenirs difficiles, mais il y en a un vraiment pire que tout. La finale de la Coupe du monde 1994. C’est même le pire souvenir de toute ma vie ! Pendant toute la compétition, Roberto Baggio remporte les matchs les uns après les autres quasiment à lui tout seul. Il ne jouait pas, il dansait. On s’attendait donc à un finish incroyable. Et pourtant… Baggio rate le dernier tir au but de la séance. C’était pire que la défaite face à l’Espagne en finale de l’UEFA EURO 2012TM (l’Espagne remporte le match 4-0, ndlr). C’est vraiment un souvenir terrible.

À l’inverse, comment célébrez-vous une grande victoire ?

En sortant faire la fête avec tous les amis et même des gens que tu n’as jamais vu de ta vie, comme si c’étaient tes frères. C’est une célébration totale, c’est indescriptible avec des mots. On la vit c’est tout.

Qui va remporter l’UEFA EURO 2016TM ?

Vous vous attendez à ce que je réponde l’Italie hein ? Mais pour être honnête ça va être difficile cette année. Nous n’avons pas de joueur vraiment capable de faire la différence et il y a des équipes un peu plus fortes. Le favori reste la Belgique, l’Allemagne est l’équipe la mieux structurée, mais on ne sait jamais. C’est ça la beauté du foot. »