À 35 ans, Garmon Ceiro est Gallois jusqu'au bout des crampons. Installé à Cardiff après quelques années passées en France, il attend avec impatience l'UEFA EURO 2016™. Une compétition à laquelle son pays accède pour la première fois depuis plus de 60 ans ! Avec humour et un grand sens de l'autodérision, il se confie sur ses souvenirs – douloureux - et ses espérances.

Journey : Que représente le foot pour vous ?

Garmon Ceiro : Le foot pour moi c'est avant tout une histoire d'amitié. Avec mes copains on a suivi l’équipe du Pays de Galles un peu partout, visité de nombreux pays tous ensemble. Et surtout... on a bien rigolé ! Le football est aussi quelque chose que le monde entier a en commun. Je me souviens avoir été en Allemagne pour un match. J'ai lié connaissance avec un supporter et lui ai dit que j'étais gallois… Il a tout de suite répondu : « Ah, oui, Ian Rush* ! ». Puis nous avons discuté pour déterminer qui était le meilleur entre Klinsmann et Rush (c’était Rush bien sûr !), j'adore ces échanges.

*Joueur de football gallois né en 1961, évoluant au poste d'attaquant. Il a pris sa retraite en l'an 2000 après 73 sélections en équipe nationale.

Pourquoi les émotions sont-elles si fortes au football ?

Pour un petit pays comme le Pays de Galles, c’est une occasion de montrer au monde qui sont les Gallois ! Nous n’avons pas un président comme les Français ou une famille royale comme les Anglais, mais nous avons nos équipes sportives. En dépit des apparences, le foot est au moins aussi populaire que le rugby au Pays de Galles. C’est juste que nous ne nous sommes pas qualifiés depuis très longtemps...

Quel est votre meilleur souvenir de l'équipe galloise ?

Les victoires face aux Allemands et aux Brésiliens en 1991 alors que je n’avais que 10 ans… C'est à ce moment-là que j'ai décidé qu'une fois adulte, je suivrai cette équipe partout. Le match gagné 2-1 contre l'Italie en 2002 est également mémorable, avec les Italiens qui n’arrêtaient pas de plonger et de tricher ! Mais honnêtement, le meilleur souvenir est cette qualification pour l'UEFA EURO 2016 ™. Lorsque l’on s'est qualifié contre la Bosnie, j’ai pleuré de joie… et pourtant on avait perdu 0-2 ! Au Pays de Galles, ça fait longtemps qu'on attendait ça et il nous tarde de voir le premier match contre la Slovaquie à Bordeaux. Le premier dans un grand tournoi depuis 1958 !

Le pire ?

Il y en a tellement. Nous sommes certainement le pays le plus malchanceux au monde ! On a failli se qualifier à de nombreuses reprises mais avons échoué à chaque fois par un point, sur une différence de buts, ou lors des barrages. Je me souviens en 1993 lorsque Paul Bodin a raté un penalty face à la Roumanie. À l'époque, on avait une si belle équipe : Southall, Speed, Giggs, Hughes, Rush, Saunders… Je n’arrive toujours pas à croire que ce groupe ne se soit pas qualifié ! Je pense aussi au match disputé en 2003 face à la Russie pour accéder à l'UEFA EURO 2004™. On avait bien joué pendant deux ans et puis en barrages : rien. Ce soir-là, j’ai trouvé un pote à moi dans les toilettes d’un pub, il pleurait comme un bébé !

Comment célébrez-vous une grande victoire ?

Ça ne nous arrive pas très souvent ! Lors de notre victoire contre la Belgique l’année dernière, c'était tellement inattendu que nous ne savions pas quoi faire. Alors on a organisé une énorme fête et on s’est déshabillé tous ensemble ! Mais ne vous inquiétez pas, comme je l'ai dit, ça n’arrive pas souvent...

Qui va gagner l'EURO 2016 ?

Je vois bien le Pays de Galles en quarts de finale et la France en demi-finale. À vrai dire, le résultat m’est égal... pourvu que ce ne soient pas les Anglais qui gagnent ! »