Issu d’un dribble typiquement carioca, le futevôlei allie la préparation physique, des mouvements acrobatiques et une bonne dose de talent. Pendant l’été 1965, le football fut interdit sur la Plage de Copacabana. Un ancien joueur de l’équipe de Botafogo trouva alors la solution : se servir des filets de volley-ball que l’on pouvait encore pratiquer. Le futevôlei était né, la star des sports de plage brésiliens.

Rio. C’est là qu’est né, au niveau de la Rua Bolivar, le jeu qui en moins d’une décennie devait enfiévrer les plages de la ville.

Un peu plus d’un demi-siècle après les pionniers, sous le soleil implacable du plein hiver, un dimanche, Valmir de Oliveira Coelho, dit Papá, marque un point de plus grâce à son « shark attack », un lancer en hauteur du ballon, avec la plante du pied. Symbole du futevôlei contemporain, cette passe devient la signature du champion, qui domine depuis les filets de ce coin de la plage du Flamengo. « Il faut s’entraîner tous les jours pour gagner du temps avec le ballon et mieux se placer », déclare-t-il du haut de ses 25 ans d’expérience. « Il faut beaucoup de préparation physique et une grande mobilité. »

Ce sont des conseils que prodigue généreusement le gaucher Papá, agent du service des pompes funèbres, né dans l’État du Pernambouco il y a 53 ans. Ancien rameur, boxeur et joueur de beach-volley, il ne fréquente les filets que les samedis et les dimanches. Il arrive vers 9 heures et repart vers 14 heures, après plusieurs parties de 18 points (et en cas d’égalité, il en fait deux). « J’affronte n’importe qui » se vante-t-il. Pendant les tournois sur la Plage du Flamengo, il accumule les victoires, comme le prouvent les bouteilles d’eau conquises lors de paris avec ses adversaires et amis.

Il suffit que le ballon soit bien au point, attendri – « les ballons neufs ne valent rien... » – pour que fusent les tirs bien hauts, sans rotation (plus difficiles à réceptionner) ou en rotation (comme lors d’une frappe avec de l’effet), faite toujours à partir d’un tas de sable dans un coin, sur la ligne de fond. Ensuite, les passes de la poitrine, les coups de tête et les diverses pirouettes maintiennent les joueurs en haleine jusqu’à ce que le ballon touche le sol, de l’autre côté du filet. « C’est de l’art à l’état pur ! », déclare Papá, pour célébrer son sport.

Même au plus fort de l’été, le ballon monte comme en défi à la chaleur écrasante. Pendant la saison chaude, le terrain de neuf mètres de large sur 18 mètres de long est mouillé avant de jouer, afin de protéger les pieds des champions dans leur bataille pour vaincre le filet qui se dresse à 2,2 mètres de hauteur.

Le Maracanã du futevôlei est formé d’un « complexe » situé à hauteur de la Rua Constante Ramos, sur la Plage de Copacabana. On y trouve deux terrains – celui qui porte le nom du prestigieux stade –, et le « Bariri », en référence au terrain d’Olaria, occupé par les débutants ou les joueurs moins talentueux.

Au bord de la mer, il n’y a pas moins de 30 terrains, les joueurs viennent aussi de Niterói, Nova Iguaçu, Cabo Frio, Búzios, Macaé et de Campos. Comme l’impose la logique épurée du bien-vivre sur la plage, pour essayer, il suffit de venir et d’attendre son tour. Au début, ce peut être un peu difficile de maintenir le ballon en hauteur, mais dans le futevôlei à la brésilienne, les défaites ne perturbent jamais le plaisir du bord de mer …