Avec 30 joueurs alignés sur le terrain de la Coupe du monde de rugby 2015, il n’est pas évident de savoir qui fait quoi et de connaître le rôle de chacun. Par chance, le numéro inscrit au dos de chaque joueur donne également son poste sur le terrain.

Comme dans un gigantesque jeu d’échecs sur un grand plateau gazonné, chaque joueur occupe une fonction précise qui donne à l’équipe sa mécanique bien huilée. Après avoir découvert les gestes de base avec le Playball de Brian Liebenberg, Coca-Cola vous en dit plus sur ces numéros de maillot.

Pour faire simple, disons qu’une équipe de rugby est composée de deux ensembles distincts : les « avants » et les « arrières ». Les huit avants composent la brigade lourde, qui pèse lors des contacts physiques inévitables pour obtenir et conserver le ballon : les mêlées, les touches, les rucks1 et les mauls2. Dès qu’ils s’en saisissent, les avants passent le ballon en arrière. Les sept arrières, plus véloces, filent rapidement vers la ligne d’en-but adverse.
Il s’agit bien sûr d’une généralisation un peu réductrice. Mais ce qui suit devrait éclairer vos lanternes…

(LES AVANTS)

NUMÉROS 1 ET 3. LES PILIERS

La 1ère ligne de l’équipe est constituée du talonneur et des deux piliers : le gaucher porte le maillot N°1 et le droitier le numéro 3. Ils tirent leurs noms de leur position dans une mêlée fermée, leur place de prédilection. Ces hommes foncent littéralement tête baissée dans le combat, en première ligne de la mêlée, où ils ont pour but de pousser directement les piliers adverses. Leur mission consiste principalement à faire reculer le pack adverse pour permettre au talonneur de - précisément - talonner le ballon vers les mains du numéro 8, qui attend plus en arrière.

Les piliers ne se contentent pas de participer aux mêlées. Lors des touches, ils propulsent le sauteur dans les airs, afin qu’il puisse se saisir du ballon. En jeu ouvert, ils percutent, pour le percer, le premier rideau défensif adverse. Ils ouvrent ainsi des espaces aux arrières, dont le jeu plus créatif devra tirer parti.

NUMÉRO 2. LE TALONNEUR

Le talonneur tient l’un des postes-clés d’une équipe lors des mêlées et des touches. En mêlée, le talonneur est coincé entre ses deux piliers, qui, tout à leur effort, portent la majorité de son poids pour lui permettre de se concentrer et de coordonner le rythme de la mêlée et décider du bon moment pour talonner le ballon vers l’arrière du pack.

Lors des touches, le talonneur est également celui qui doit remettre le ballon aussi précisément que possible au sauteur. En jeu ouvert, il joue un rôle proche de celui des piliers, protégeant le ballon lors des rucks et des mauls, et percutant la ligne défensive adverse avant de passer le ballon à ses équipiers plus rapides et plus inventifs.

NUMÉROS 4 ET 5. LES DEUXIÈMES LIGNES

Ils sont le cœur même de la mêlée, les receveurs totémiques lors des touches. Les deuxièmes lignes – encore appelés deuxièmes lattes – ont les muscles et la taille qu’il faut pour gérer les situations complexes. Ces deux gaillards fournissent la poussée principale lors des mêlées et leur grande taille leur permet de s’élever très haut, soulevés par leurs coéquipiers lors des touches. Ils jouent donc un rôle crucial lorsqu’il s’agit de prendre possession du ballon.

En jeu ouvert, alors qu’ils étaient cantonnés par le passé à un simple rôle de soutien, les deuxièmes lignes doivent aujourd’hui être à l’aise avec le ballon et avoir un puissant tir au pied. Le ballon à la main, une deuxième ligne déchaînée peut faire de sérieuses percées dans le camp adverse.

NUMÉROS 6 ET 7. LES TROISIÈMES LIGNES AILES OU FLANQUEURS

Relativement discrets bien que représentant des éléments cruciaux de toute équipe, les deux flanqueurs sont des joueurs extraordinairement polyvalents, à la fois rapides et physiques. Ils peuvent compter sur leur capacité à courir tout au long du match, sur leurs mains agiles et sur leur penchant quasi obsessionnel à donner et à recevoir des plaquages terrifiants. Ces deux-là obtiennent le ballon lors des rucks et des mauls et sont toujours sur le coup pour recevoir les passes de leurs coéquipiers plaqués, sans hésiter à plaquer à leur tour leurs adversaires. Ni le numéro 6, ni le numéro 7 n’ont l’apanage des coups d’éclat, mais sans eux, une équipe ne peut espérer briller.

NUMÉRO 8 (OU TROISIÈME LIGNE CENTRE)

Déployé au même niveau que les deux flanqueurs dans ce qu’on appelle la troisième ligne, tout joueur arrivé à ce poste perd son nom et n’est plus dès lors qu’un numéro. Fort physiquement, bien que plus orienté vers la vitesse, il plaque sans vergogne, mène le jeu avec clairvoyance et redistribue le ballon à ses coéquipiers mieux placés quand la situation l’exige. En mêlée, il est essentiel, se plaçant tout juste derrière son pack pour s’assurer de la possession du ballon. À lui de choisir s’il faut passer à un équipier démarqué ou, s’il est déjà dans les 22 m adverses, d’exploser lui-même vers l’en-but. Le genre de décision qui peut changer le cours d’un match.

(LES ARRIÈRES)

NUMÉRO 9. LE DEMI DE MÊLÉE

Le lien entre les avants et les arrières est le demi de mêlée. Un comploteur inventif qui donne vie à la ligne arrière dès qu’il prend possession du ballon derrière une mêlée, un ruck ou un maul. De sa position reculée, il profite d’une meilleure vision du jeu. Ses caractéristiques sont la vitesse, l’agilité des mains - et des pieds - et des réflexes hors-norme. Il est généralement plus petit que les autres joueurs sur le terrain et se ferait probablement écraser par les flanqueurs adverses s’il n’était pas protégé par les épais avants placés autour de lui.

LE DEMI D’OUVERTURE

Autre élément charnière, il est souvent le joueur le plus influent sur le terrain. Il faut concevoir le demi d’ouverture comme le général de l’équipe, aboyant ses ordres aux avants, plaçant les arrières et donnant généralement le tempo du jeu. En fait, imaginez qu’il est la « mère » de l’unité – à la fois le coordinateur et le directeur qui permet à toute la maison de ne pas s’effondrer sur elle-même.

La quasi-totalité des attaques passeront par cet homme. À lui de décider s’il doit passer le ballon aux trois-quarts centre pour le mener dans le camp adverse, ou si la meilleure option est de taper la balle au pied vers la touche en profondeur. Son esprit est aussi important que ses muscles. Sa précision au pied fait de lui l’homme idéal pour les transformations, les pénalités et les glorieux drops. En tant que joueur star, il peut s’attendre à être fortement chahuté par les flanqueurs adverses.

NUMÉROS 12 ET 13. LES TROIS-QUARTS CENTRE

Un couple puissant dont le rôle est bien spécifique. En attaque, ces deux-là sont chargés de réceptionner les passes du demi d’ouverture et de profiter de toute ouverture laissée par l’équipe adverse. Ils doivent également créer des espaces pour les autres en attirant les adversaires à eux, avant de passer le ballon aux ailiers pour leur permettre de s’envoler vers la ligne d’en-but. Quand le ballon est perdu, ils sont au cœur du processus défensif de l’équipe : des plaqueurs accomplis qui tapent fort.

En règle générale, le premier centre est aussi créatif et performant au pied que le demi d’ouverture (dont il est souvent l’adjoint direct en termes de commandement), tandis que le second centre est généralement plus rapide et plus adepte de transitions vers les ailiers.

Brian Liebenberg
Brian Liebenberg, ancien international et triple champion de France de rugby, a développé le Playball, un ballon dédié à l’apprentissage. En équipe de France, il portait le numéro 12, celui du « Trois-quarts Centre »

© Mathilde Cremades

NUMÉROS 11 ET 14. LES TROIS-QUARTS AILE OU AILIERS

Ces deux ailiers éloignés constituent la dernière ligne de défense quand le ballon est entre les mains adverses et sont les finisseurs triomphants quand l’équipe est en attaque. Ce sont donc les joueurs les plus susceptibles de s’envoler vers l’en-but adverse et de marquer les essais. En tant que tels, ils doivent jouir d’une vitesse flamboyante et, plus important encore, avoir des poumons de la taille du Mont-Blanc.

NUMÉRO 15. L’ARRIÈRE

Dernière ligne de défense, l’arrière passe la plupart de son temps à surveiller les tirs au pied adverses qui piquent du ciel en sa direction. À chaque ballon plongeant vers le sol, il doit examiner ses options – doit-il l’attraper et le remettre de la même manière en profondeur, ou au contraire partir en avant le ballon à la main et courir vers une ouverture offerte par ses adversaires ? Comme les ailiers, l’arrière a souvent l’occasion de s’enfoncer au travers de la défense adverse et de marquer l’essai en arborant un large sourire. Il doit donc savoir prendre des décisions immédiates, disposer d’un jeu de jambes rapide et ne pas avoir peur de recevoir des coups.
Maintenant que vous savez tout sur les postes au rugby, quelle place vous ferait plaisir ?

1 On appelle ruck le regroupement de joueurs - deux ou plus - en vue de la possession du ballon. Les joueurs se confrontent, debout, se poussent et cherchent à récupérer le ballon. Contrairement à la mêlée, action de jeu organisée, le ruck est spontané.
2 A l’instar du ruck, le maul est une confrontation en vue de la possession du ballon. Il y a maul chaque fois qu’un joueur détenant le ballon est saisi par un ou plusieurs de ses adversaires et qu’un ou plusieurs de ses coéquipiers le saisissent à leur tour. À la différence du ruck, le maul a lieu alors que le ballon est « en l’air », tandis que le ruck exige qu’il soit « au sol ».