Le football accompagne la vie de Julien depuis sa plus tendre enfance. Supporter inconditionnel de l'équipe d'Espagne, il espère voir briller à nouveau le pays de son père lors de l'UEFA EURO 2016™. Rencontre avec un fan enthousiaste et fin connaisseur de la discipline.

Journey : Que représente le foot pour vous ?

Julien : « Le football me passionne depuis que je suis tout gamin. Mon père était gardien de but et j'allais souvent voir des matchs pour le supporter. Pour moi qui suis Français, cela représente aussi un lien particulier avec l'Espagne, le pays de mon père. Lors des rencontres importantes on appelait la famille restée là-bas pour refaire le match. Le foot m'a offert quelques-uns des meilleurs moments de ma vie et de très grands souvenirs. J'ai aussi un peu joué, mais je crois que je suis meilleur avec une manette ou en tant que supporter devant ma télé !

Pourquoi les émotions sont-elles si fortes au football ?

Par rapport à d'autres sports comme le basket où on marque beaucoup de points, au foot le but est rare. Il y a une tension permanente et des retournements de situation fréquents. Rien n'est jamais joué ! En Espagne, le football est très ancré dans la culture et rassemble tous types de personnes : les jeunes, les moins jeunes, les femmes, tout le monde peut se réunir pour aller voir un match de foot. C'est ça qui est grand : vibrer ensemble pour des émotions communes.

Vous ressentez une différence dans la façon de vivre le foot en France et en Espagne ?

Le soutien des Français à l'équipe nationale dépend de l'air du temps. Si les résultats sont bons, les supporters suivent. Dans le cas contraire, ils peuvent s'en désintéresser... En Espagne, il y a une vraie culture du foot. En dépit de tous les clichés sur l'Espagne, la corrida ou le flamenco par exemple, je pense que le football est le loisir et la passion numéro un des Espagnols. Il suffit de voir le nombre d'émissions sur le sujet à la télévision. Même au journal télé, il y a toujours une pastille dédiée au foot !

Quel est votre meilleur souvenir de l'équipe d'Espagne ?

Un de mes meilleurs souvenirs est le quart de finale de l'UEFA EURO 2008™ contre l'Italie. Une très grande équipe face à laquelle l'Espagne a longtemps souffert d'un complexe d'infériorité et qui nous a toujours posé problème. À mon sens, cette séance de tirs au but et ce match victorieux ont tout changé dans la mentalité espagnole. Imaginez : il y a Buffon dans les buts italiens et Casillas pour l'Espagne. Les deux meilleurs gardiens du monde à cette époque-là. Fàbregas marque, puis Casillas arrête deux tirs au but ! Je pense qu'à ce moment-là il y a eu le déclic pour l'Espagne qui s'est dit : « Ça y est, on est une grande équipe, on arrive enfin à vaincre nos démons ». Ça a marqué le début de la gloire espagnole de ces dernières années.

Et le pire ?

C'était pendant la Coupe du monde 98. L’Espagne était parmi les favoris. Pour sortir des groupes après avoir perdu contre le Nigeria, il fallait gagner contre la Bulgarie et, dans le même temps, il fallait que le Paraguay s'impose contre le Nigeria. Le Paraguay, pourtant très fort, a perdu... L’Espagne a gagné 6-1 mais ça n'a servi à rien… Donc à chaque but, les gens pleuraient dans les tribunes. J'avais 12 ans à l'époque et on m'avait maquillé avec le drapeau de l’Espagne. J'avoue qu'à ce moment-là des larmes ont coulé…

Comment célèbrez-vous une grande victoire ?

Il y a un bar espagnol dans le 11ème arrondissement de Paris. Une cantine qui ne paye pas de mine. Mais c'est là que je vais avec mes amis pour voir un match et faire la fête. Lorsqu'une rencontre me tient vraiment à cœur, je suis en général assez stressé… Et si on gagne, j'aime prendre le temps et simplement profiter de l'instant.

Qui va gagner l'UEFA EURO 2016™ ?

L’Espagne bien sûr ! Ils ont le titre et il faut le conserver, mais le groupe est dans une phase de transition. L'équipe telle qu'on l'a connue ces dernières années était vraiment hors du commun. Ça va être plus difficile cette année. Il y a aussi une belle équipe de France que je serai heureux de soutenir. J'aime son nouveau visage avec de très bons joueurs, une cohésion dans le groupe, de jeunes talents. Et la France joue à domicile, c'est souvent un avantage. »