La 6e édition du plus grand événement blogueur français s’est tenue mardi 10 novembre dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris. Partenaire de l’événement, Coca-Cola remettait le Golden Blog Award de la meilleure plateforme sport. Une soirée sous les ors de la République pour célébrer les nouveaux talents de la blogosphère française.

Vous connaissez certainement Le Sociologue, Bescherelle ta mère ou encore En rang d’oignons. Des blogs au succès énorme qui ont tous été primés d’un Golden Blog Awards l’an dernier. Cela donne une idée de l’importance de l’événement mais aussi du niveau « incroyablement bon » de ces plateformes amateures, selon les mots du Directeur général Europe de Dailymotion, Giuseppe de Martino, juré dans la catégorie sport. Même son de cloche pour le directeur marketing du Paris Saint-Germain, Michel Mimran, qui a vu des blogs « dignes de médias pro », notamment dans la section Sport pour laquelle il a officié.

Une catégorie dont Coca-Cola était le partenaire et qui a récompensé Litobox, de Pierre Brieudes. Pourquoi ? Sur quels critères ? Qu’est-ce qui fait un bon blog en 2015 ? « Tout était parfait. C’était drôle, surprenant, graphique et très ‘détendant’ », explique Michel Mimran. Différents membres du jury présents sur place s’accordent à dire qu’ils recherchaient avant tout un ton particulier. Un côté décalé mais qui reste pro. «Ce qui m’importe le plus quand je lis un blog, c’est sa tonalité », confie le cofondateur de Topito, Laurent Moreau, membre du jury des GBA 2015 et lui-même vainqueur du Prix « Lifetime Achievement » pour les 10 ans d’existence du célèbre site à tops. « Certains blogs étaient trop sérieux et se rapprochaient trop de médias existants. Je cherchais quelque chose d’un peu unique», conclut le serial toppeur. Pour la responsable de la rubrique ‘Blogs’ du Huffington Post, Annabel Benhaiem, ce qui a le plus retenu son attention, c’est le traitement de l’information : « les blogs sont de plus en plus précis. Ils réussisent à rendre accessibles des informations parfois très complexes. » Les blogueurs seraient-ils en train de remplacer les journalistes ? «Non, mais ils peuvent apporter des informations que les médias traditionnels n’ont pas le temps d’aller chercher. La force du blogueur c’est d’être monocentré. Un bon blogueur doit être un expert dans son domaine et rendre l’information accessible à un enfant de 10 ans. »

Cliquez sur l'image pour démarrer la galerie photos

© Julien Philippy

La culture du blog et du digital français

En résumé, les blogueurs français ont un brillant avenir devant eux et il semblerait que l’école de journalisme ne soit plus la seule porte vers les médias digitaux d’aujourd’hui. En revanche, d’après certains membres du jury, ce qui pêche encore un peu, c’est l’écrit. « Globalement, les blogueurs de moins de trente ans n’écrivent pas très bien car peu d’entre eux sont diplômés d’une école de journalisme », analyse la jurée 2015 et lauréate 2014 des GBA, Raphaële Marchal, pour son blog de gastronomie En Rang d’Oignons. « La qualité de forme est là, mais la qualité de fond perd de la place à cause de la montée en puissance du micro-blogging » , observe quant à lui, le Vice-président du groupe de communication TBWA Europe, Nicolas Bordas, avant de poursuivre, « on se demande même si la civilisation de l’image dans laquelle nous sommes ne va pas tuer l’écrit. »

Qui sait… Mais bon, heureusement, Bescherelle ta mère est là et cela n’empêchera pas « la culture du blog et du digital français », comme la désigne le directeur des Documentaires de Canal+, Diego Buñuel, membre lui aussi du jury, de continuer « à montrer au monde comment on fait les choses en France et comment on peut transformer un blog en entreprise et en faire une vie. Et ça, c’est quand même pas mal. »

VERBATIM

« C’est bien d’avoir de l’information, mais c’est bien aussi d’avoir de l’opinion », Nicolas Bordas, Vice président du groupe de communication TBWA Europe et auteur du Blog L’idée qui tue, membre du jury.

Nicolas Bordas

© Julien Philippy

« Il faut défendre les blogueurs français qui souffrent de la concurrence du micro-blogging avec Facebook, Instagram et autre Twitter. Et ce, y compris dans leur propre audience puisque les gens commentent sur ces réseaux et non sur le blog. Or, il faut encourager les blogueurs en partageant et en likant les contenus si l’on veut qu’ils continuent d’exercer et de nourrir le débat d’idées. C’est le seul moyen d’enrichir les réseaux sociaux de pensées alternatives aux grands médias. C’est bien d’avoir de l’information, mais c’est bien aussi d’avoir de l’opinon. On en a de plus en plus besoin. Il faut donc soutenir les blogueurs, liker et partager ! »