La culture hip-hop, au coeur d’une rétrospective à l’Institut du monde arabe supervisée par Akhenaton, s’est forgée avec le temps. 1973, le Bronx, New York. La mèche du hip-hop s’allume dans les premières fêtes de quartiers afro-américains et latinos, les « Block Parties ».

Six ans plus tard, le Sugar Hill Gang et son « Rapper’s Delight » offrent à ce genre nouveau son premier tube planétaire, avec un gimmick indémodable : « I said a hip, hop, hippie to the hippie, the hip, hip a hop and you don’t stop ! ». De nouveaux mots et sons font dès lors vibrer les tympans et danser les rues du monde entier. Au fil des années, le mouvement développe ses propres codes et prend ses repères. Avec ses propres personnalités, expressions, courants et objets de culte. Voici les plus marquants.

Le Rap, style musical phare du hip-hop

Scander son flow en phrases / sur un beat ou a capella / monter jusqu’à l’extase / le but du rap est là. Les « Scratches » et « Samples » du DJ amplifient le texte, articulé en couplets et refrain, que le rappeur déclame avec un style et un débit qui lui est propre : le « flow ». Un style musical reconnaissable entre mille et devenu le porte-voix des réalités de la rue. 

Rap

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Les platines Technics SL , icônes du DJing

« Turntable » mythique indissociable du DJing, ce tourne-disque est idéal pour s’initier au « Scratch ». Sa fiabilité n’a d‘égal que sa robustesse : à toute épreuve. Raison pour laquelle de nombreuses Technics SL des années 1970 tournent toujours rond sous les mains expertes des DJs !

Les platines Technics SL

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Le « Breakdance », des acrobaties qui cassent tout !

L’expression corporelle à la sauce hip-hop. Née des sons nouveaux inventés par les DJs, la danse hip-hop recouvre plusieurs disciplines, dont la plus connue est le Breakdance. De nombreuses variantes existent, nommées selon leur inventeur, la tenue des danseurs ou le type de « moves » réalisés. Parmi elles : le Smurf, le New Style, le Krump, le Popping ou encore le Locking.

Le Breakdance

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La Zulu Nation, le mouvement pour la paix dans le hip-hop

Organisation internationale pacifiste fondée par l’ex-délinquant Afrika Bambaataa, pour offrir une alternative aux gangs et promouvoir « la prise de conscience hip-hop ». « Peace, Love, Unity & Having Fun » (« Paix, amour, unité & un max de fun »), est le mot d’ordre de cette association placée sous le signe de la musique et de la danse.

Zulu Nation

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L’Attitude, plus qu’un état d’esprit, une philosophie de vie

Pantalons « baggy », « sneakers » équipées de « fat laces », jogging et sweaters, la mode hip-hop a ses codes. Vêtements larges pour favoriser les mouvements des Breakdancers. Chaussures de sport sorties des « playgrounds » pour arpenter les rues avec ses potes. Dents en or ou horloge autour du coup pour les plus excentriques.

L'attitude

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La console MPC 2000, 48 pistes pour enflammer le dancefloor

Pas de bonne musique sans bon matos ! La MPC 2000 est une machine mythique pour la composition de morceaux de rap. Ce modèle produit par Akai depuis 1984 se distingue par sa conception tout-en-un : il offre un séquenceur musical, un échantillonneur et une large palette d’effets sonores, jouables sur des « pads » en caoutchouc. On ne compte plus les « Beatmakers » en herbe qui se sont usé la rétine sur son petit écran LCD…

La Console MPC 2000

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Le graffiti, l’esprit hip-hop s’affiche sans complexes

Marquer son territoire, laisser une trace, signer son œuvre. Le graffiti est un art de rue qui s’étale à la bombe ou au marqueur indélébile. Murs, trains, tunnels, tout y passe. Le graff peut représenter un personnage, une communauté ou afficher une revendication. Et gare à celui qui s’aviserait de « toyer » (écrire par-dessus) le graff d’un autre. Une insulte que la rue fait payer cash.

Le Graffiti

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Afrika Bambaataa, Grandmaster Flash & Kool Herc, ceux par qui tout a commencé

Le trio incontournable du hip-hop ! Afrika Bambaataa, ex-gangster devenu fondateur de la Zulu Nation, est un pilier du courant. Son compère, le DJ Grandmaster Flash, perfectionna le « Scratching » avant de devenir un des « parrains » du rap. Si les deux premiers ont souvent éclipsé le troisième lascar, ne nous y trompons pas : pour les spécialistes, Kool Herc est bien le premier DJ de l’histoire du hip-hop.

Afrika Bambaataa, Grandmaster Flash & Kool Herc accompagnés de Chuck D, cofondateur du groupe Public Enemy

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1520, Sedgwick Avenue, West Bronx, « Berceau officiel du hip-hop »

C’est dans la salle commune de cet immeuble que, le 11 août 1973, Kool Herc joue ses premiers vinyles. Dans la « Recreation Room » du bâtiment, à l’occasion de la fête d’anniversaire de sa sœur, le jeune homme anime ce qui deviendra rétrospectivement la première fête hip-hop. En 2010, le journal « New York Times » offre à l’adresse la consécration : 1520, Sedgwick Avenue est reconnu comme « le berceau du hip-hop ».

1520 Sedwick Avenue, West Bronx

1520 Sedwick - ® New York Daily News - Getty

1984, Sydney investit la télé française avec H.I.P H.O.P

C’est à cette date que le mouvement débarque en France, dans les médias. Sur TF1, l’émission H.I.P H.O.P présentée par Sydney sera la première à ouvrir les portes de la télévision française à la diversité ethnique. Le DJ Dee Nasty animera par la suite, sur Radio Nova, le premier programme FM consacré au hip-hop. On y entendra les morceaux d’IAM, de 93NTM, d’Assassin ou du Ministère A.M.E.R, les premières formations rap françaises…

1984, Sydney investit la télé française avec H.I.P H.O.P

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Les « Block Parties », comment le Bronx a canalisé sa jeunesse

Fermez une rue avec des barrières de sécurité, faites payer un droit d’entrée modeste et conviez un DJ influent. Il n’en faut pas plus pour assurer le succès d’une « block party » ! C’est dans ces fêtes de quartier que le hip-hop est né.

Les « Block Parties »

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