Après Johan Van Mierlo rencontré à Bruxelles lors de la Convention annuelle des collectionneurs Coca-Cola à Bruxelles, rendez-vous est pris avec Stéphane Decoene, un autre fan originaire du Plat pays. À l'occasion de la Journée mondiale du recyclage, nous rencontrons ce collectionneur atypique, spécialisé dans les bouteilles consignées. Entre préoccupation pour l'environnement et souvenirs de jeunesse, il raconte, non sans humour, son attachement à Coca-Cola.

Journey : Comment êtes-vous devenu collectionneur ?

Stephane Decoene : « J'ai commencé ma collection en 1984, une époque où il y avait vraiment un « Schwung » (une nouvelle vague) avec Coca-Cola. Au départ je collectionnais tout et puis je me suis spécialisé dans les bouteilles consignées, à la fois par manque de place et par goût. J'en possède aujourd'hui 634, de 17cl, un format qu'on ne trouvait qu'en Thaïlande et en Inde, aux fameuses «bombes américaines » de deux litres. J'aime les appeler ainsi parce qu'elles explosaient dans les camions tellement elles étaient sous pression.

En ce moment les bouteilles en aluminium ont le vent en poupe, pourquoi vous être spécialisé dans les bouteilles consignées, plus atypiques?

Pour moi ces bouteilles sont des œuvres d'art, le verre est vraiment une matière noble et j'aime leur côté « vintage ». Tout a commencé lorsque j'ai remarqué sur une bouteille achetée au supermarché que l'inscription n'était ni en néerlandais, ni en français mais qu'il était écrit un litro. Comment cette bouteille était-elle arrivée là et surtout, d'où venait-elle ? Mon père l’a retournée et a déchiffré le mot « Napoli ». Elle était donc italienne. Nous avions des routiers parmi nos amis et avons découvert que les bouteilles voyageaient souvent par leur intermédiaire. C'était le bon temps des consignes. Aujourd'hui les bouteilles sont jetables, c'est la fin d'un cycle pour ne pas dire d'une époque.

Cette collection illustre-t-elle aussi une préoccupation environnementale ?

Oui, complètement. En Belgique on a encore des bouteilles d'un litre disponibles en grande surface et les bouteilles individuelles qu'on trouve dans les bars et les restaurants. Mais le verre a un très grand inconvénient, il est très lourd et est très fragile. C'est la raison pour laquelle on a diminué son utilisation. Stériliser les bouteilles demande également beaucoup d'énergie. Mais aujourd'hui, Coca-Cola fait beaucoup dans le domaine du recyclage, c'est très positif. Ma manière à moi de prendre part à ce phénomène est de continuer à acheter des bouteilles consignées, même si le prix est plus élevé. Et puis les connaisseurs le savent bien, le Coca-Cola n'est jamais meilleur que dans une bouteille en verre !

"Limonade gazeuse" en Belgique ou "limonade aux extraits de plantes" en Suisse, à chaque pays sa manière de définir le Coca-Cola

© Esther Buitekant

Quelle est la pièce la plus importante de votre collection ?

Une bouteille de 19cl de Bruxelles datée de 1939. Elle est la plus ancienne et celle qui a la plus grande valeur sentimentale pour moi. Parfois, on tombe sur des choses incroyables. Aujourd'hui je vends des doubles et des bouteilles que je ne peux plus garder chez moi par manque de place. Je possède notamment une bouteille pleine avec capuchon d'origine qui porte la mention « Phoenix Arizona, 1967 ». Quel voyage !

Que représente la marque Coca-Cola pour vous ?

C'est une icône, le rêve américain en bouteille ! La forme de la bouteille Contour est si jolie, tellement bien pensée. Elle symbolise la fève de la plante de cacao et la forme élégante de la silhouette d'une femme. Elle est même sexy ! Tout ça dans une bouteille, c'est incroyable. »