À l'occasion de la Journée internationale de la femme, nous partons à la rencontre de Laurence Duchon. Passionnée et enthousiaste, elle possède la plus importante collection de verres Coca-Cola en France. Du bureau de Robert Woodruff à Atlanta, à son rôle au sein du Club français des collectionneurs de Coca-Cola, retour sur une passion de presque 40 ans qui est pour elle, et avant tout, une formidable aventure humaine.

Journey : Quand avez-vous débuté votre collection ?

Laurence Duchon : La mienne a commencé un peu par hasard… J'étais en vacances en Italie avec mon mari en 1977 et nous fréquentions un petit restaurant. Chaque jour, le serveur nous apportait notre commande sur un plateau Coca-Cola que je trouvais magnifique. J'ai eu beaucoup de chance car il a fini par me l’offrir ! Pour mon anniversaire l'année suivante, j'ai reçu un pull Coca-Cola. J'ai alors découvert les très nombreux objets à l'image de la marque et je les trouvais plus beaux les uns que les autres. On se fait tous piéger !

Que collectionnez-vous principalement ?

J'ai choisi de me focaliser sur les verres. J'en possède près de 3000. Ce qui en fait la collection la plus importante en France. J'aime ce support parce qu'il est très varié. Chaque événement important dont Coca-Cola est partenaire a son verre dédié. Pour moi, les plus beaux sont ceux créés spécialement pour les restaurants en Belgique et surtout aux États-Unis. J'ai d’ailleurs trouvé mon verre fétiche, daté de 1912, en chinant là-bas.

Les verres sont une tradition centenaire pour Coca-Cola...

Les premiers verres étaient ceux de la pharmacie Jacob's et, à l'origine, il s'agissait de gobelets en verre de forme évasée. Puis, ils ont évolué pour se rapprocher de la physionomie d'une bouteille.

Comment les conservez-vous ?

Ils sont actuellement dans des cartons ! Ma fille vient juste de quitter la maison et je vais récupérer cette pièce pour ma collection. Je vais installer des étagères et des vitrines, c'est un tel plaisir de les voir et de les redécouvrir. En plus la chambre est déjà peinte en blanche et rouge... c'est un signe !

Comment enrichissez-vous votre collection ?

Je me refuse à acheter sur internet, je privilégie le contact humain. J'échange ou achète uniquement lors de conventions de collectionneurs. J'aime découvrir de nouvelles villes, de nouvelles langues. Même si on vient de pays différents, on partage la même passion et on parle le même langage. Ce sont avant tout des rencontres et c'est ça qui est enrichissant.

Qu'est-ce qui vous passionne tant dans la marque Coca-Cola ?

Son histoire. Ce n'est pas une marque anodine, elle a un passé très riche et la boisson elle-même est synonyme de convivialité, de partage. Et puis je crois que tous les collectionneurs sont un peu amoureux du logo Coca-Cola.

Vous avez beaucoup voyagé pour votre collection ?

Lors de notre voyage aux États-Unis, nous avons établi notre itinéraire en fonction des usines d'embouteillage que nous pouvions visiter. Je suis également allée à Atlanta et me suis assise dans le fauteuil du bureau de Robert Woodruff. J'ai aussi visité différents musées, notamment le Musée Schmidt à Elizabethtown (Aujourd'hui fermé, il s'agissait du plus important musée d'objets et souvenirs Coca-Cola n'appartenant pas à la marque, ndlr). Nous avons toujours été extrêmement bien reçus, Coca-Cola est l'une des rares marques à prendre la peine d'accueillir ses collectionneurs avec autant de gentillesse. Nous étions comme des rois !

En France, vous êtes très impliquée dans le milieu des collectionneurs...

J'ai été pendant sept ans la secrétaire du Club Français des Collectionneurs de Coca-Cola et c'était pour moi un vrai plaisir d'assister aux réunions tous les mois. Je m'occupais des relations avec les membres et échangeais également avec des gens du monde entier. Je suis restée proche de beaucoup d'entre eux. Nous partageons la même passion mais ça va bien au-delà ! J'ai des amis un peu partout dans le monde : en Italie, en Espagne... Des liens se tissent et on forme des amitiés très fortes.

Vous sentez-vous parfois minoritaire en tant que femme dans ce milieu très masculin ?

C'est vrai qu'il y a beaucoup d'hommes ! Mais ils sont très nombreux à être accompagnés de leurs femmes. Pour moi c'est l'inverse, mon mari m’accompagne « pour porter les cartons et faire le traducteur », comme il aime à le répéter (rires).