Le 15 juin dernier, le Stade de France accueillait l’association Sport’A Vie spécialisée dans la formation de jeunes adultes au métier d’éducateur ou animateur sportif - pour leur faire découvrir les activités du « Sport Ça Me Dit ».

Organisé par Coca-Cola France, partenaire de l’association depuis 2014, cet événement avait aussi pour but d’initier ces futurs professionnels du sport à un aspect essentiel de leur métier : la rencontre avec des partenaires.

« Merci d’enlever vos casquettes, vos écouteurs et de ranger vos téléphones ». Le ton est donné et le silence se fait parmi la centaine de jeunes assis dans les gradins du Stade de France. Le président de Sport’A Vie, Rachid Djouadi, est intraitable avec ses poulains sur les questions de savoir-vivre. « Ces jeunes ont un vrai déficit d’image. Nous sommes là pour y remédier et leur apprendre à se tenir et à se présenter. » Depuis 2001, cet ancien animateur sportif (1981-1997) de La Courneuve en Seine-Saint-Denis (93), enseigne son métier à des jeunes issus de quartiers difficiles. « Beaucoup ont quitté le système scolaire trop tôt. Nous assurons leur remise à niveau avant de les préparer, en alternance, au brevet d’éducateur sportif (BPJEPS) pendant deux ans. Tous travaillent donc déjà en tant qu’éducateur dans des clubs sportifs d’Île-de-France. A la sortie, ils obtiendront un diplôme d’Etat et tous les certificats fédéraux indispensables pour enseigner.» Un véritable passeport pour l’emploi que Sport’A Vie assure grâce à la mesure gouvernementale, « emplois d’avenir », financée à 75% par l’Etat, 20% par la Région et 5% par le club d’accueil. A ce jour, l’association compte 250 jeunes en formation et espère doubler ce chiffre d’ici septembre, grâce notamment à une déclinaison du dispositif aux Antilles et dans la Région Centre.

Richard Dacoury

© Florian Fromentin

« Ces jeunes ont un rôle à jouer dans les quartiers », Richard Dacoury

Une formule bien pensée, efficace et qui s’appuie sur une véritable connaissance de la réalité des quartiers au sein desquels ces jeunes « auront un rôle à jouer », comme l’a rappelé l’ancien international français de basket-ball, Richard Dacoury, présent le jour de l’événement. Pour cet ancien professionnel, le sport a été fondamental dans sa construction personnelle. « Cela m’a permis de me développer de manière équilibrée, d’adopter une discipline de vie et d’apprendre la relation à autrui. » Un message écouté avec attention par les jeunes de Sport’A Vie et son président, Rachid Djouadi, dont la mission est très claire : « Faire en sorte que ces jeunes puissent réaliser leur rêve. C’est-à-dire décrocher un emploi durable pour se projeter dans l’avenir grâce à leur salaire. »

Samba

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« Je suis devenu comme un exemple pour les jeunes que j’entraîne », Samba, 21 ans, éducateur sportif en alternance au club de foot de Paray-Vieille-Poste (l’Essonne).

« J’ai découvert l’association par la mission locale d’Evry où j’habite. A l’époque j’étais en sport-étude et je cherchais quoi faire après car j’avais un peu négligé les études. Comme j’aime le sport, j’ai passé des tests, j’en ai parlé à mon club de foot de Paray et ils m’ont dit ‘ok’ pour l’alternance avec Sport’A Vie. J’entraîne depuis les petits de 6 à 15 ans. J’aime bien ça, ça me rappelle quand j’étais jeune. Et je suis devenu comme un exemple pour eux. En plus, au foot tout le monde se mélange, on découvre des personnalités différentes. Alors qu’avant on ne se voyait que dans des embrouilles. Maintenant on partage des choses positives ensemble. C’est le but du club : rassembler les quartiers et apprendre à se connaître. »

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Rabab

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« Contacter des sponsors c’est hyper important », Rabab, 23 ans, éducatrice sportive en alternance au club de handball de Lisses (Essonne)

« Je suis handballeuse semi-professionnelle. Je joue depuis que j’ai 12-13 ans. J’ai même été en Equipe de France jeunes mais je me suis blessée au genou… Depuis je continue en National 1 avec l’association Lisses-Handball (Essonne) où je travaille aussi en tant qu’éducatrice. J’encadre des jeunes de 2 ans et demi à 17 ans. Je suis à l’aise dans ce boulot. Je leur transmets mon expérience et leur apprend le respect, le fair-play et les aide à se libérer l’esprit. On m’a transmis ça et j’ai envie de le faire à mon tour. Avec Sport’A Vie, j’ai aussi appris à monter un projet, contacter des sponsors, et trouver des financements pour les enfants. Bref, tout ce qu’il y a autour du sport et qui est super important. Après mon BPJEPS, je veux passer le niveau supérieur, le BEJEPS* et rester dans le hand. Tant que je suis dans le sport ça me suffit, ça me rend heureuse. »

 

* Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport