Dans le cadre de l’UEFA EURO 2016™, Coca-Cola et Panini se sont associés pour faire plaisir aux fans de foot. Au traditionnel album s’est ajoutée une appli mobile, pour échanger des vignettes digitales. L’expérience Panini se prolonge également dans les stades et les Fan zones, où des cabines Photobooth offrent la possibilité d’éditer des vignettes Panini personnalisées, et de les partager sur les réseaux sociaux. Journey a rencontré le professeur Philippe Gutton, médecin et professeur des Universités qui travaille depuis plus de vingt ans sur le monde de l'adolescence. Nous l’avons interrogé sur cette manière de se mettre en scène par l’image, et de partager cette image sur les réseaux sociaux.

« Sport et réseaux sociaux partagent une même dualité : participer à une communauté et s’affirmer en tant qu’individu », Philippe Gutton, Psychiatre et professeur des Universités

Journey : La possibilité offerte par les Photobooth Panini va plus loin que la simple photo-souvenir. Avec le partage de l’image sur les réseaux sociaux, n’entrons-nous pas dans une dimension supplémentaire ?

Professeur Philippe Gutton : « En se prenant en photo et en partageant cette image, on exprime deux volontés distinctes. Il faut en effet différencier la volonté de participer à une communauté, et le fait d’exposer son narcissisme pour répondre aux exigences d’une société de plus en plus plongée dans la contemplation d’elle-même. Le selfie publié sur les réseaux sociaux relève donc d’une double démarche. En premier lieu, une recherche d’approbation et de renforcement de liens. C’est la partie ‘amour’ attachée à la réalisation du cliché. Ensuite, c’est aussi s’inscrire dans une ‘guerre narcissique’, puisqu’on s’inscrit dans une forme de compétition avec les autres : ‘regardez, je suis le plus beau !’. Le terme même de ‘partage’ est également intéressant, car la volonté de partage est une valeur fondamentale du sport, particulièrement lors de compétitions internationales. Être regardé, applaudi, devenir le centre de l’attention sont les moteurs du sportif. Pour les jeunes, ce principe fonctionne également.

Participer à une communauté et s’affirmer en tant qu’individu, c’est une problématique qu’on retrouve aussi dans les équipes sportives…

Tout à fait, et c’est pourquoi le sport est aussi important pour nombre d’ados. À un moment de la vie où le corps peut poser problème, le sport permet de se sentir bien physiquement. Ce n’est pas exactement la même chose que l’amour de soi, mais c’est une manière de se sentir bien. Par ailleurs, l’adolescence est le moment où l’on cherche à développer des compétences et à affirmer un leadership. Des besoins que le sport permet d’assouvir.

Que recherche-t-on lorsque l’on partage son sticker Panini personnalisé avec sa communauté ?

Avant tout, se prendre en photo dans le cadre d’un événement revient à dire ‘j’y étais !‘. En filigrane, s’agissant d’un tournoi de football, le message est aussi ‘On s’est bagarrés à leurs côtés !’. Ce faisant, on s’approprie la confrontation, on entre à son tour dans la compétition. Il y a là quelque chose de revendicatif, de vindicatif même. Les selfies des ados, entre amour et guerre, se rapprochent du monde du sport. Dans les deux cas, il faut des communautés, et une confrontation. »