Alors que les Restos du Cœur viennent de lancer leur 32e campagne hivernale, nous avons rencontré Patrice Blanc, le nouveau Président de l’association dont Coca-Cola France est le partenaire depuis trois ans. Entré aux Restos du Cœur en 1999 sous la présidence de Véronique Colucci, Patrice Blanc entend bien perpétuer l’action essentielle de l’association : l’aide désintéressée aux plus démunis.

En tant que nouveau Président des Restos du Cœur et bénévole engagé dans l’association depuis 17 ans, quelle direction souhaitez-vous lui donner demain ?

Premièrement, nous allons participer à la lutte contre le gaspillage alimentaire, selon l’application de la loi à partir de février 2017, qui oblige les moyennes et grandes surfaces à proposer aux associations, comme les Restos du Cœur, les invendus encore consommables. Il est important pour nous de nous inscrire dans cette démarche vertueuse, tout en assurant le respect de l’hygiène et de la qualité des produits.

Le deuxième enjeu est de poursuivre l’accueil inconditionnel. Toute personne qui frappe à la porte des Restos a le droit à une aide, que ce soit alimentaire (sous conditions de ressources), à la recherche d’emploi, en conseil budgétaire, à l’accès aux droits sociaux, à la culture, au logement… On découvre d’ailleurs de nouveaux publics : les femmes seules avec enfants, les jeunes étudiants ou demandeurs d’emploi, les personnes âgées isolées... On se doit d’être à l’écoute des besoins de ces personnes pour mieux leur venir en aide.

Un autre sujet important pour 2017 concerne l’élection présidentielle. Nous devons nous assurer que le prochain gouvernement aura bien un programme de lutte contre la pauvreté et de soutien aux personnes les plus démunies.

Les Restos du Cœur viennent de lancer il y a quelques jours leur 32e campagne hivernale. Quels en sont les enjeux ?

L’enjeu de la nouvelle campagne, c’est d’être présent avec les 71 000 bénévoles et les 2 100 centres répartis dans toute la France pour accueillir les personnes qui frappent à la porte. Il s’agit de leur fournir à la fois une aide alimentaire mais aussi de la chaleur humaine avec l’accueil, le coin café… C’est très important pour nous de participer à la lutte contre l’isolement des personnes. L’année dernière, nous avons compté 926 000 bénéficiaires et plus de 132 millions de repas servis. Cet hiver, nous devons nous attendre à accueillir au moins autant de personnes.

Coca-Cola France est partenaire des Restos depuis maintenant trois ans. Quels sont les apports d’un tel partenariat ?

Pour nous, c’est un partenariat de grande qualité. Coca-Cola France s’est beaucoup investi pour appuyer les opérations de départs en vacances menées pour les jeunes depuis trois ans. C’est vraiment un acteur essentiel pour ce volet-là. Cette année, nous assistons à un passage à la vitesse supérieure avec l’opération conduite à Noël « 1 scan = 1 repas », qui est très importante pour nous.

Jean-Pierre Pernault a dernièrement provoqué une polémique en opposant SDF et migrants, remettant en question le travail des associations françaises. Comment avez-vous réagi ?

Ceux qui sont en première ligne, c’est-à-dire les bénévoles des associations, sont les mieux à même de porter un jugement sur ce qu’il se passe. On peut regretter que ce genre de situation existe, mais nous n’avons pas le droit de claquer la porte au nez de familles qui fuient la guerre en Syrie ou d’ailleurs. Ce serait manquer de la plus élémentaire humanité. Ce qu’on remarque parmi les migrants qu’on accueille aux Restos, c’est que leurs besoins ne concernent pas que l’aide alimentaire : beaucoup demandent des cours de français. Il y a une vraie volonté d’intégration dans la société française, à nous de savoir y répondre avec le cœur et l’intelligence.

Quel est votre message pour l’année 2017 ?

Le message est de participer au vivre ensemble, quelle que soit notre origine, notre situation sociale ou familiale. Nous sommes sur ce même territoire et nous devons vivre ensemble.