La 4e édition de la Journée de la femme digitale s'est tenue jeudi 10 mars aux Folies Bergère. Un succès public, avec plus de 3 500 visiteurs, et l'affirmation d'une ambition pour demain : lutter contre les stéréotypes et donner un coup de projecteur sur les femmes qui font le digital.

L'arrivée sur la scène des Folies Bergère de Delphine Remy-Boutang, à l'origine de cette journée avec Catherine Barba, donne le ton. Elle est accompagnée d'un co-présentateur de choc : le robot Pepper. Petite merveille de technologie réalisée par la société française Aldebaran, il est le premier robot bienveillant capable de reconnaître les émotions humaines. Une métaphore de cette journée où la présentation du meilleur de la technologie côtoie les interventions de personnalités inspirantes venues témoigner du dynamisme du digital au féminin. L'organisatrice de l'événement lance alors avec conviction : « Il faut oser, le progrès est à ce prix ! »

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« Meet the future » : rencontrer le futur dès à présent

Dans le hall, plusieurs stands proposent aux visiteurs de découvrir les technologies de demain. La marque chinoise Huawei présente une montre connectée au design élégant ainsi qu'une tablette au son exceptionnel, digne d'une salle de cinéma. Plus loin, une foule curieuse se presse autour des robots d'Aldebaran. Assiste-t-on ici aux prémices de ce que sera la deuxième moitié du XXIe siècle ? Observer des hommes et des femmes, fascinés, interagir avec un androïde, lui parler, se bousculer pour lui serrer la main. Pour Gilles Malençon, spécialiste de l'hypnose, « il s'agit pour l'être humain de se mettre en cohérence avec le monde digital ». Un brin provocateur, il affirme : « On va aller plus loin que les précogs imaginés par Philip K.Dick dans Minority Report ! »

« Les métiers du digital n'ont pas d'historique de genre », Céline Bouvier, Directrice marketing, Coca-Cola France

Des files d'attente se forment un peu partout : devant le bar à coder ou l'atelier maquillage. Cette touche glamour n'est pas incompatible avec le message ouvertement féministe de l'événement. Dans la salle, les conférences s'enchaînent à un rythme soutenu et le public, essentiellement féminin, est enthousiaste. À l'image d'Hortense, créatrice de la start-up OuiAreMakers : « Cela donne une visibilité à l'entrepreneuriat au féminin, dans cet écosystème du digital moins macho que les milieux traditionnels. » Un constat partagé par la Directrice marketing de Coca-Cola France, Céline Bouvier : « Une femme ne veut renoncer à rien et le numérique nous permet de tout avoir. Ces métiers du digital n'ont pas d'historique de genre. » Elle ajoute : « La parité c'est l'égalité et la richesse c'est l'équilibre. Nous devons continuer à tirer profit de la diversité. »

VERBATIM

Magali Theveniault

© Julien Philippy

« Je peux aujourd'hui me réaliser dans le digital, chose impensable il y a 15 ans », Magali Theveniault, Directrice du secteur Travel & Hospitality chez Capgemini Consulting, Prix Margaret 2016 de la femme intrapreneur. 

« Le ‘Programme femmes’ que j'ai monté chez Capgemini Consulting est le symbole de mon engagement et ce prix est la reconnaissance d'un travail de plusieurs années. Il est d'autant plus plaisant d'être reconnue par des femmes si talentueuses dans un univers très masculin comme celui des entreprises informatiques. Moi qui n'ai pas fait un cursus classique d'ingénieur, je peux aujourd'hui me réaliser dans le digital, chose impensable il y a 15 ans. Pour moi la femme digitale comprend à la fois le business et l'informatique et est capable de mettre toute sa créativité et son intuition au service de projets pour participer à la transformation de notre économie. »

Véronique Morali

© Julien Philippy

« Je vois la femme digitale comme une femme libre », Véronique Morali, Présidente du directoire de Webedia et de Fimalac Développement, Prix Margaret 2016  de la femme entrepreneur.

« La Journée de la femme digitale est un événement qui allie un côté très humain avec la rencontre de femmes inspirantes et des conférences mais aussi le sujet de l'apprentissage notamment avec le bar à coder. Je suis très sensible à ce Prix dont je mesure le caractère iconoclaste pour moi qui ne suis pas une digitale native. Je vois la femme digitale comme une femme libre, agile et sachant se mouvoir dans la transversalité. Le digital est plus que jamais un outil d'émancipation. »

L’info en plus

Qui est Margaret du Prix digital qui porte son nom ?
En clôture de cette journée, Delphine Remy-Boutang a remis à deux femmes d'exception le Prix Margaret. Elle précise : « Margaret Hamilton était une codeuse de la NASA. Elle a joué un rôle prépondérant dans le programme spatial américain et les premiers pas de l'Homme sur la lune. Après les César ou les Oscar, il était temps qu'un prix porte le nom d'une femme ! ».