L'association Force Femmes remettra le 16 novembre prochain le Prix de la Créatrice (d’entreprise) 2015. Françoise Holder, chef d'entreprise et Présidente de l'association fondée il y a dix ans par Véronique Morali, revient sur la naissance de ce Prix et l'extraordinaire vitalité de ces femmes qui ont soif d'entreprendre.

Journey : Pouvez-nous expliquer comment est né le Prix de la Créatrice ?

Françoise Holder : « À l'origine, l'association aidait uniquement les femmes au chômage à retrouver un emploi salarial. Après quelques années, nous avons pensé qu'il était possible d'offrir un autre type d'accompagnement. Force Femmes œuvre aujourd'hui dans deux domaines bien distincts, avec des ateliers spécifiques : le retour au salariat, et la création de son propre emploi. Grâce à l'association, ce sont plus de 650 femmes qui ont ainsi monté leur entreprise depuis 2008. Et c’est pour asseoir et institutionnaliser ce créneau que nous avons créé le Prix de la Créatrice il y a cinq ans.

Comment sont sélectionnées les candidates ?

L'association possède dix antennes, une à Paris et neuf en région. Dans chacune d’entre-elles, les bénévoles du département « Création de son propre emploi » reçoivent les candidates puis, si leur projet le permet, les encouragent à se présenter pour le Prix. Des jurys régionaux examinent ensuite les dossiers et statuent en fonction de la viabilité de l'activité, des perspectives de développement mais aussi de la personnalité des candidates. Elles sont une cinquantaine au départ, puis une dizaine de finalistes arrive jusqu'à Paris. En général le ratio est respecté et 50 % sont originaires de Province tandis que l'autre moitié vient de région parisienne.

Cette année, les candidates sont venues présenter leur projet face au jury au siège de Coca-Cola France. Pourquoi ce choix ?

C'est la première fois que les candidates viennent en personne se présenter et exposer leurs projets. Jusqu'à présent, l'évaluation ne s'effectuait que sur dossier. Au moment du tour de table, certains membres du jury ont d'ailleurs relevé l'importance de cette rencontre qui a eu une influence sur la décision finale. Les voir en personne instaure un rapport physique et une proximité se créée. Il s'agit, à mon sens, d'une excellente initiative qui sera renouvelée l'année prochaine.

« Pour beaucoup d'entre elles, il s'agit avant tout de retrouver confiance. »

Pourquoi est-il important pour ces femmes de s'adresser à d'autres femmes ?

Dans nos ateliers nous avons des hommes et des femmes. Le jury du Prix est lui aussi mixte. Mais il est vrai que la première attente lorsqu'elles viennent à l'association est de trouver une oreille attentive. S'adresser à des femmes les rassure et leur permet peut-être de se confier sur des problèmes plus personnels. Je dis toujours qu'il y a une feuille de papier à cigarette entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Il est donc important lors du premier entretien de faire le tri. Pour beaucoup d'entre elles, il s'agit avant tout de retrouver confiance. Par la suite, quand on parle de formation et d'ateliers, que l'interlocuteur soit un homme ou femme il n'y a aucune différence.

L'une des candidates nous a confié vous avoir rencontré lors d'un rendez-vous à l'association. Il est important pour vous de continuer à donner de votre temps ?

Il faut essayer de garder le plus possible un ancrage dans le cœur de l'activité de l'association. Pour cette raison, je tiens à rester bénévole au sein de Force Femmes, même si c'est seulement une fois par mois. Il est très important pour moi de recevoir des candidates, afin de rester au contact de ce qui fait l'essence même de l'association et de travailler à son évolution. »