Catherine Barba est une « pionnière du Web ». Reconnue comme l’une des femmes les plus influentes dans le monde du digital, l’entrepreneure poursuit sa carrière à New York depuis 2015. Dans le cadre de l’événement Femme en Or – Innovation Day, qu’elle co-organise, nous avons rencontré cette hyperactive à la volonté de fer.

Pionnière du e-commerce, business angel, « serial entrepreneure »… Comment votre parcours a-t-il fait de vous une des femmes les plus influentes dans le digital ?

Ça s’appelle l’expérience ! J’ai eu la chance de commencer ma carrière en 1996 à une époque où le digital était un secteur naissant. Il y avait très peu de femmes. Pour moi, c’est une chance d’être une femme dans le numérique, mais ça ne veut pas dire que c’est plus facile. J’ai simplement décidé de voir des opportunités dans toutes les situations qui se présentaient. J’ai aussi croisé les bonnes personnes et j’ai une énergie débordante qui fait que je me réalise dans l’action et que j’y prends du plaisir. Si ça peut donner envie et inspirer, tant mieux !

Votre parcours est jalonné de nombreuses créations d’entreprises. D’où vous vient cet esprit d’entreprenariat qui vous pousse sans cesse à innover ?

C’est d’abord une question de confiance en soi. J’ai la chance de ne pas avoir peur de me tromper, notamment grâce à mes parents qui m’ont appris qu’on pouvait faire des erreurs. Ensuite, j’ai croisé sur ma route des entrepreneurs qui m’ont montré l’exemple, qui m’ont inspirée, et qui ont vraiment été des modèles. Enfin, pour faire, avancer et créer, il faut une sacrée dose d’énergie, et je suis tombée dedans petite, comme Obélix !

Vous êtes à l’origine des Journées de la Femme digitale à Paris, du Women in Innovation Forum à NY, et vous co-organisez l’événement Femme en Or – Innovation Day. Qu’est-ce qui vous a incité à vous engager en faveur de l’entreprenariat féminin ?

C’est simple, c’est parce que je suis une femme qui a grandi en devenant entrepreneure. Ça m’a nourrie, m’a apporté beaucoup de joie, et j’ai envie de partager cela avec le plus grand nombre. J’ai envie de transmettre le message qu’on peut se réaliser dans son travail, que l’on peut se tromper et qu’on a tout à gagner. Si j’étais un homme, j’aurais soutenu l’entreprenariat masculin ! L’important c’est de faire. Le courage et la lucidité n’ont pas de genre.

Pourquoi est-il important de mettre en lumière la place de la femme dans l’innovation ?

Quand on pense innovation, on pense aux grands inventeurs, mais pas assez à des modèles féminins. C’est pour ça qu’il est dommage qu’Hillary Clinton n’ait pas gagné l’élection présidentielle américaine. On a besoin de modèles pour se projeter et se dire « Moi aussi je peux le faire ! ». Je crois beaucoup en l’exemplarité : si on met les femmes en avant, c’est parce que c’est la meilleure façon de susciter des vocations parmi les jeunes femmes et d’accélérer la transformation de notre société vers plus d’égalité.

Aujourd’hui, les femmes rencontrent-elles plus d’obstacles que les hommes dans l’entreprenariat ?

Je ne sais pas si elles rencontrent plus d’obstacles, mais les statistiques sont là : il y a beaucoup moins de femmes que d’hommes qui entreprennent, qui travaillent dans la technologie, qui lèvent des fonds. Je pense qu’il faut créer les conditions pour libérer les vocations. Tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur, mais il faut que les femmes qui se sentent capables de créer une entreprise puissent le faire sans se poser de questions.

Quel serait aujourd’hui votre conseil pour toutes les femmes qui veulent créer, oser, entreprendre ?

S’entourer de gens d’expérience, bienveillants, qui vont nous tirer vers le haut et nous faire confiance. Ne pas savoir peur ! La peur est le pire obstacle, elle limite complètement notre capacité d’action. Et prendre du plaisir : la joie qu’on ressent à faire ce qu’on fait est un bon baromètre.