Après la « Journée mondiale de la photographie » ou celle du rire, le monde célèbre le 1er mars la « Journée mondiale du compliment ». Ses créateurs néerlandais l’ont imaginée comme le jour le plus positif de l’année et souhaitaient remettre à l’honneur ces petites attentions que nous négligeons trop souvent. Il suffit pourtant d’un mot adressé avec sincérité pour égayer le quotidien de ceux qui nous entourent. La preuve avec ce test grandeur nature dans les locaux du siège français de Coca-Cola.

7h10 - Lorsque j'ouvre les yeux ce matin, à l'aube de la « Journée mondiale du compliment », ma première pensée est... pour moi. Et si pour être agréable aux autres, il fallait d'abord l'être envers soi ? Je me dirige vers la salle de bain, encore ébouriffée et passablement ensommeillée. En voyant mon reflet dans le miroir je m'adresse un grand sourire et le premier compliment de la journée : « Tu as vraiment bonne mine ce matin.» Mon mari, debout dans l'encadrement de la porte, me regarde l'air perplexe. Je lui dis : « Cette chemise te va très bien, elle met tes yeux en valeur ». Il encaisse le compliment avec une pointe d'inquiétude : « Tu es malade ? »

8h – Il pleut. Cela n’entache pas ma bonne humeur et me donne l'occasion de complimenter ma voisine octogénaire sur son parapluie. Je vois à son sourire que j'ai fait mouche : « C'est ma petite fille qui me l'a offert. J'ai toujours trouvé que vous lui ressembliez un peu. Bon évidemment elle est plus jeune. » Je la remercie. Le compliment est un art… difficile.

9h10 – J'arrive au bureau et me dirige vers l'ascenseur. Sur la porte une pancarte annonce la couleur : « Aujourd'hui, nous célébrons la Journée mondiale du compliment !». À l’intérieur, il n'y a qu'un seul homme pour cinq femmes. Je devine à son regard qu'il est paniqué et ne sait pas quoi dire. Il bondit à l'extérieur lorsque la porte s'ouvre au deuxième étage. J’entends pourtant une voix derrière moi lui crier : « Tes chaussures sont géniales ! »

11h – Je sors d’une réunion pendant laquelle un collègue a présenté un nouveau projet. Je le retrouve un peu inquiet devant la machine à café et dégaine l’arme infaillible : le compliment. Je l’encourage : « Oui, tu semblais un peu stressé mais tu maitrisais très bien ton sujet et ta présentation était très vivante. » Il suffit de quelques mots pour redonner le sourire à quelqu’un. Cette journée commence à me plaire.

13h – La première grande épreuve de cette Journée du compliment se dresse devant moi : le restaurant d’entreprise, ce lieu qui ne suscite que plaintes et sarcasmes. Le personnel le sait et garde pourtant le sourire en toutes circonstances. J’essaie de deviner ce que peut bien être cette mixture dans laquelle flottent des morceaux de viande quand le cuisinier me tend une assiette en souriant : « Un peu de bœuf bourguignon ? ». Je le remercie chaleureusement : « Ça sent très bon et je suis sûre que c’est excellent ». Un compliment se doit d’être sincère et j’ai eu raison d’y croire, c’était délicieux.

15h – J’observe de loin une collègue en grande conservation avec… un cactus. Elle affirme très sérieusement: « Une plante pousse mieux si on lui parle gentiment alors je profite de la Journée du compliment pour vérifier cette théorie. » Pendant qu’elle le félicite pour la beauté de ses pics et l’éclat de sa couleur verte je n’ose lui dire que compte tenu de la vitesse de croissance d’un cactus, il faudrait que la Journée du compliment se transforme en année.

18h – Après avoir passé la journée à complimenter des collègues sur leurs vêtements, le niveau époustouflant de leurs plaisanteries, la qualité de leur travail, je réalise que je n’ai reçu aucun compliment. Mais le sourire de tous ceux qui m’entourent me conforte dans l’idée que cette journée est un succès. Alors que je suis sur le départ, mon responsable pivote sur sa chaise et me regarde : « Tu es de très bonne humeur aujourd’hui, c’est très agréable ». Un grand sourire illumine mon visage. On recommence demain ?

La rédaction de Journey