Vendredi 25 mars 2016, c’est la Journée mondiale de la procrastination. Derrière ce terme un peu barbare, une pratique à laquelle s’adonne de 20 à 30% d’entre nous : l’art de remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même. Un petit travers pour certains, un mode de vie pour d’autres. Si reporter éternellement n’est pas la manière la plus judicieuse de voler vers le succès, la « procrastination positive » peut vous aider à mieux vous connaître, mieux gérer votre temps et même… être plus efficace. On s’y met ?

Procrastiner, c’est remettre, délayer, retarder, bref, décider de faire les choses plus tard, demain, à un autre moment. Formalités administratives, impôts, mais aussi obligations sociales ou professionnelles sont « reportées aux calendes grecques ». À première vue, ça n’a pas l’air d’être une bonne habitude : si elle conforte sur l’instant, elle finit par générer culpabilité et stress, car le « procrastinateur » sait parfaitement qu’il est en retard. Cette manie du « report à date ultérieure » serait un trait caractéristique des perfectionnistes, qui recherchent un niveau par définition inatteignable. Plutôt que de risquer l’échec, autant ne rien faire… pas vraiment la meilleure manière de recueillir des compliments !

La procrastination « positive »

Nous serions de plus en plus nombreux à procrastiner. C’est normal, nous n’avons jamais été autant sollicités pour faire « autre chose » : Internet, les réseaux sociaux, la télévision, la musique ou encore le cinéma, il y a foule d’activités plus agréables que ces démarches administratives ou ce rapport à rendre. Décider de procrastiner, c’est alors faire une pause, s’affranchir du rythme effréné de notre société et reprendre le contrôle de soi comme de sa vie. Une « défense immunitaire » en quelque sorte, voire un acte de rébellion.

Quand il devient urgent d’attendre

Et puis, il y a des aspects positifs : quand vous remettez une tâche, vous dégagez du temps, que vous pouvez utiliser pour faire de petites choses moins importantes mais tout aussi utiles. Vous pouvez consacrer ce moment à apprendre, vous former, construire de nouvelles relations sociales ou encore… réfléchir à ce que vous voulez vraiment ! Pourquoi ne pas mettre à profit ces heures gagnées pour vous poser cette question : qu’est-ce qui me pousse à ne pas vouloir le faire ? Qu’est-ce qui me motive vraiment dans l’existence ?

Parfois, la procrastination vous rend plus efficace. Certains ne sont véritablement performants que lorsqu’ils travaillent dans l’urgence, et ne se révèlent qu’au pied du mur. Lorsque vous reportez une tâche, vous continuez – inconsciemment – à réfléchir à ce que vous avez délayé… du coup, lorsque vous vous y mettez vraiment, vous êtes bien plus efficace. Si, si ! Enfin, un dernier conseil pour profiter au mieux de cette Journée mondiale de la procrastination : vouloir à tout prix combattre cette habitude est source de stress et d’anxiété, alors laissez-vous un peu aller au plaisir de remettre « à plus tard »…