Rio a peut-être perdu son statut de capital, elle reste pourtant la capitale culturelle du Brésil. La bossa nova, la samba et le funk carioca : les principales danses et genres musicaux du pays sont nés ici. La ville est une source d’inspiration majeure pour de nombreux écrivains et cinéastes, un vivier de créativité prenant sa source dans tout le pays. Rêvé, fantasmé, réaliste ou comique, plus besoin de voyager pour partir à la découverte du Brésil !

LES CHEFS-D’ŒUVRE CARIOCAS SUR GRAND ÉCRAN

Rio, 40° (Rio, Quarenta Graus), Nelson Pereira dos Santos (1956).

Rio, 40° (Rio, Quarenta Graus), Nelson Pereira dos Santos (1956).

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À la frontière entre le cinéma et le documentaire, le destin de cinq enfants des favelas de la Zona Norte qui se partagent la ville pour vendre des cacahuètes. Copacabana, le Pain de Sucre, le Corcovado, Quinta da Boa Vista et Maracaña : à travers leurs aventures, se dévoilent les différents quartiers de Rio mais aussi les divers épisodes typiques de la vie des Cariocas. D’abord interdit en salle, le film en noir et blanc a donné le ton au mouvement du Cinema Novo, la nouvelle vague du cinéma brésilien.

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Orfeu Negro, Marcel Camus (1959).

Orfeu Negro, Marcel Camus (1959).

© Cinéma Public Films | AlloCiné

Alors que la Nouvelle Vague bat son plein en France, le réalisateur français Marcel Camus fait le pari fou d’une réinterprétation du mythe grec d’Orphée et Eurydice au cœur des favelas du Rio des années 1950. À la veille du carnaval de Rio, la jeune Eurydice arrive de la campagne et fait la rencontre d'Orphée, conducteur de tramway et artiste adulé par le peuple pour ses qualités de danseur et de guitariste. Par ses qualités esthétiques, la justesse du ton et jusqu’à la bande originale du film qui offre à la Bossa Nova ses premiers chefs-d’œuvre, Orfeu Negro fait au Festival de Cannes 1959 l’effet d’une déflagration. Au point qu’on lui attribue la Palme d’or alors qu’il n’était même pas encore sous-titré en français !

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Central do Brasil, Walter Salles (1998).

Central do Brasil, Walter Salles (1998).

© VideoFilmes | AlloCiné

La grande actrice brésilienne Fernanda Montenegro dans le rôle d’une ex-institutrice qui gagne sa vie en écrivant des lettres pour les migrants illettrés à la gare centrale de Rio. Femme revêche et esseulée, elle croise pourtant le chemin d’un jeune orphelin qu’elle prend sous son aile. Le petit Josué l’emmène alors malgré elle dans un grand périple dans le Nordeste brésilien, à la recherche de sa famille.

Os Normais, José Alvarenga Jr. (2003).  

Os Normais, José Alvarenga Jr. (2003).

© klausbalzano | iStock | Getty Images

Tiré d’une série télévisée brésilienne à succès, Os Normais raconte l’histoire comique de la rencontre des deux personnages culte, Rui et Vani. Le jour où Rui rencontre Vani, c’est justement le jour de leur mariage… avec d’autres partenaires ! Dans la même église, Vani devait se marier avec Sérgio, Rui avec Marta. Mais avant le début de la cérémonie, les deux font connaissance au désarroi de tous leurs proches et pour le plus grand plaisir du public ! 

La Cité de Dieu (Cidade de Deus), Fernando Mireilles (2003).

La Cité de Dieu (Cidade de Deus), Fernando Mireilles (2003).

© Mars Distribution | AlloCiné

Né dans une favela, Fusée est un enfant noir, pauvre, trop fragile pour devenir hors-la-loi... Il grandit dans un environnement violent, mais tente de voir la réalité autrement, avec l'œil d'un artiste. Il rêve de devenir photographe professionnel, mais son destin en décide autrement. Excitant, saccadé, saturé de couleurs, violent et réaliste, le film est signé par le réalisateur de succès hollywoodiens comme The Constant Gardener (2005) et Blindness (2008). Un tour de force qui donne la part belle au jeu d’acteurs amateurs et qui a depuis engendré deux séries télévisées.

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LE BRÉSIL DE PAPIER

Joaquim-Maria Machado de Assis, Dom Casmurro et les yeux de Ressac, 1900.

© Marc Ferrez | Wikimedia, | Creative Commons

Joaquim-Maria Machado de Assis, Dom Casmurro et les yeux de Ressac, 1900.

Très influencé par le réalisme de Balzac, Flaubert et Zola, l’auteur brésilien Machado de Assis est le père de ce véritable chef-d’œuvre national. Dans ses mémoires fictives, le narrateur raconte sa vie de mari jaloux et méfiant. Récit de cette défiance de l’homme vis-à-vis de sa femme qu’il soupçonne d’être infidèle et de son propre enfant qu’il croit illégitime, Machado de Assis s’intéresse à la paranoïa de l’homme moderne. « Un des meilleurs livres jamais écrits en langue portugaise » selon le critique littéraire brésilien, Afranio Coutinho.

Jorge Amado, Bahia de tous les Saints, 1938.

© rmnunes | iStock | Getty Images

Jorge Amado, Bahia de tous les Saints, 1938.

Dans le Nordeste brésilien, le destin du jeune Antonio Balduino dans l’Etat de Bahia, d’où est originaire l’auteur. Tour à tour orphelin, mauvais garçon, initié des « macumbas », planteur de tabac, docker, le héros picaresque rencontre notamment la riche héritière blanche Lindinalva avec qui il vit une histoire d’amour. Dans un récit initiatique poignant et engagé, Antonio incarne à lui seul les malheurs et les aspirations de liberté du peuple noir.

Paulo Coelho, L’Alchimiste, 1988.

© Robert Van Der Hilst | Getty Images

Paulo Coelho, L’Alchimiste, 1988.

Tiré du Conte des deux rêveurs de Jorge Luis Borges, Paulo Coelho raconte l’histoire du voyage d’un jeune berger espagnol, de son Andalousie natale aux Pyramides d’Egypte, en passant par Tanger et le désert du Sahara. Récit allégorique, le roman est le bestseller de tous les records, qui a fait connaître son auteur dans le monde entier et porté aux nues la littérature brésilienne.

© Craig McCausland | istock | Getty Images

Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, 2001.

Un roman français pour conclure, une rétrospective sur la France au Brésil et sur l’épisode peu connu de la conquête de la baie de Rio par l’explorateur français Nicolas Durand de Villegagnon. Honoré du Prix Goncourt, le roman historique de Jean-Christophe Rufin fait l’incroyable récit de la France antarctique, une des plus éphémères colonies françaises (1855-1860) !

Laurentino Gomes, 1808, 2007.

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Laurentino Gomes, 1808, 2007.

Dans un récit historique mêlant narratif et descriptif, le journaliste et écrivain Laurentino Gomes raconte comment les invasions napoléoniennes ont fait fuir en 1808 la cour du Portugal qui choisit dès lors de déplacer sa capitale à Rio de Janeiro, au Brésil. Best-seller dès sa sortie, honoré du prix du meilleur essai de l’Académie brésilienne des Lettres et du Prix Jabuti de Littérature, 1808 raconte en détails l’installation de l’administration portugaise au Brésil et les facteurs qui ont mené à l’indépendance du pays vis-à-vis de la métropole.