Le froid, la neige, c’est un élément naturel pour Juliette Raymond. Sur les pistes depuis l’âge de deux ans, cette native de Serre-Chevalier et fille de moniteur de ski est une jeune skieuse passionnée de 19 ans. Après un AVC en 2013, elle est remontée sur ses skis, prête à décrocher le maximum de titres en handisport ! Un rêve prêt de se réaliser depuis le succès de sa cagnotte sur la plate-forme de crowdfunding de Coca-Cola.

En deux mots, quel est ton rêve sportif ?

« Mon rêve serait de pouvoir me rendre à un maximum des 15 coupes d’Europe de cette saison. Mes très bons résultats aux championnats de France l’année dernière m’ont ouvert ces portes. À terme, je souhaite accéder aux championnats d’Europe, puis aux mondiaux ! Mon but ultime, ce sont bien sûr les Jeux paralympiques de 2022, à Pékin ! Pour cela, il faut être au minimum trois ans avant (d’ici 2019) en coupes et en championnats du monde. »

Comment t’es venue l’idée du financement participatif pour accomplir ce rêve ?

« J’ai d’abord passé l’été à chercher à décrocher un contrat de sponsor, mais sans succès… Jusqu’à ce que mon coach me conseille cette plate-forme de crowdfunding. J’ai donc décidé de monter mon dossier. Je connaissais bien le crowdfunding : j’avais moi-même déjà soutenu un jeune qui voulait faire partie de la « relève » de l’équipe de France de ski et qui avait des soucis financiers. Pour ma cagnotte, j’ai moi aussi sollicité par mail et sur les réseaux sociaux toutes les personnes que je connaissais. Amis, famille, j’ai envoyé la cagnotte à tout mon entourage, qui l’a ensuite relayée ! »

Comment as-tu réussi à déterminer ton budget ? 

« Grâce au premier apport de Coca-Cola sur ma cagnotte Sponsorise.me, j’ai pu commencer ma cagnotte avec 200€ d’office. La cagnotte est ensuite montée très vite ! Pour définir le montant, je suis partie du principe qu’il me fallait 3 000 euros pour financer mes déplacements en coupes d'Europe et en championnats d'Europe cette saison. Mais le crowdfunding, c’est le principe du tout ou rien ! J’ai préféré jouer la sécurité en mettant une cagnotte de 2 000 euros et espérer la dépasser, plutôt que de ne pas atteindre mon budget… »

© Thibault Durand

Qu’est-ce qui te lie autant au ski et à la neige ?

« J’ai toujours vécu sur des skis, ça représente toute ma vie ! Je suis passionnée par le froid, la neige... Depuis petite, je connais ces sensations de dévaler les pistes, cette liberté ! En compétition, j’étais flèche d’or et chamois d’argent. Mais depuis mon AVC, à 16 ans, mon niveau n’est plus du tout le même. Petit à petit, je me rapproche pourtant des sensations d’avant. Mon coach me dit souvent que j’ai la chance d’avoir skié depuis toute petite : ces sensations sont ancrées en moi, j’ai juste à les retrouver !

« L’être humain s’adapte toujours, c’est ça qui est fou ! »

J’ai toujours une jambe plus faible que l’autre, ce qui me pose des problèmes d’équilibre. Mais l’être humain s’adapte toujours, c’est ça qui est fou ! Au début, la reprise a été très difficile, mais j’ai fini par trouver des techniques et à tout faire différemment pour retrouver le même ski. »

Comment es-tu retournée dans la compétition ?

« Après l’accident, j’ai passé plusieurs semaines en soins intensifs puis presque deux ans en rééducation. Une fois sur pied, je n’ai eu qu’une seule idée en tête : reprendre le ski ! Avec mon handicap (hémiplégie gauche), je suis entrée il y a un an dans le Club Handisport lyonnais. J’ai rapidement été repérée par la Fédération Handiski qui m’a intégrée à la ‘relève’ : le groupe jeune de l’équipe de France fille handisport, qui compte 7 skieuses de tout âge et de tout handicap. »

Quelles seront les prochaines étapes de ton histoire ?

« Grâce au crowdfunding, je vais pouvoir partir en coupes d’Europe toute cette saison ! La première est aux Pays-Bas les 17-18 novembre, mais cela va se poursuivre jusqu’en mars. J’ai décidé d’en faire 7 sur 15 – cette année, j’ai aussi mon bac à passer ! Si j’arrive au niveau international, les déplacements seront sûrement encore plus chers et je passerai probablement à nouveau par ce type de plate-forme ! Mais d’ici là, il faut que je continue à me rapprocher du niveau des valides pour améliorer mon niveau handisport. C’est pourquoi, je m’entraîne souvent avec eux pour être sûre d’être au niveau. Mon objectif, c’est de retrouver toutes mes sensations de ski ! »