En 1950, 30 % de la population mondiale vivait en zone urbaine. D’ici 2050, ils seront 2,5 milliards de personnes, soit les deux tiers de la population mondiale. Au regard de ce constat, on s’interroge face aux enjeux de cette urbanisation croissante : population en hausse, espaces réduits, développement durable... les villes doivent désormais se repenser pour accueillir toujours plus de monde.

Est-il encore possible d’être heureux en ville ? Comment les Français perçoivent-ils la ville de demain ? Et quels sont les axes prioritaires pour en faire un lieu de vie et s’y sentir bien ? A l’occasion de la publication de son 7ème Cahier « Bonheur et Urbanisme », l’Observatoire du Bonheur dévoile une étude CSA inédite pour tenter de comprendre si le bonheur est compatible avec les villes du futur et comment les penser pour garantir le bien-être de chacun.

Ainsi, si 80 % des personnes vivant en ville se déclarent heureux, 2 Français sur 3 affirment pourtant qu’ils préfèreraient vivre à la campagne. Un rêve que pourrait rendre possible la ville de demain. En effet, l’écologie et la nature arrivent en tête des priorités pour penser l’avenir des zones urbaines, de manière à réintégrer un peu de campagne dans les villes du futur.

> En ville ou à la campagne, les Français sont heureux !

Alors que 80 % des Français se déclarent heureux, le niveau de bonheur reste le même que l’on habite à la campagne (79 %) ou en zone urbaine (80 %). De petites disparités apparaissent néanmoins sur ce dernier item : si 84 % des personnes habitant dans une ville de 2 000 à 20 000 habitants sont heureux, ce chiffre descend à 73 % pour les personnes qui vivent en agglomération parisienne.

Êtes-vous heureux?

Parmi la liste des avantages offerts par la ville, la proximité et la variété des commerces arrivent nettement en tête pour près de la moitié (47 %) des personnes interrogées. Suivent ensuite la présence de nombreux moyens de transport (32 %), la diversité des activités culturelles (24 %), la présence de nombreux services publics (24 %) et la diversité des loisirs (24 %). Notons également que la diversité des opportunités professionnelles est un facteur important pour 24 % des personnes vivant en agglomération parisienne, contre seulement 10 % pour les habitants des zones rurales.

De manière générale, seul 1 Français sur 5 (21%) souhaiterait quitter sa commune pour une commune plus petite. Cette proportion monte toutefois à 38 % pour les habitants de l’agglomération parisienne, soit plus d’un tiers d’entre eux. A l’inverse, ils ne sont que 15 % de Français à souhaiter vivre dans une ville plus grande, un chiffre qui atteint tout de même 28 % parmi les habitants de communes rurales. Les jeunes sont également plus nombreux à vouloir vivre dans une ville plus grande (35 % des 18-24 ans, soit 20 points de plus que la moyenne), sans doute désireux de profiter des services offerts par des zones urbaines plus animées.

Interrogés sur la ville idéale dans laquelle ils aimeraient vivre, plus de la moitié des Français (53 %) optent alors pour des villes de grande taille, situées au soleil, dans le sud ou l’ouest de la France. En tête, arrive Bordeaux (19 %), suivie de Montpelliers (15 %), de Nantes (12 %) et de Toulouse (12 %).

Si les Français semblent plutôt satisfaits du lieu où ils habitent, ils sont pourtant deux tiers (65 %) à rêver de partir vivre à la campagne. Un paradoxe sans doute lié aux inconvénients générés par la vie en ville. En tête de ceux-ci : La pollution (31%), l’insécurité (29%), le bruit (24%), les problèmes de stationnement (22%), les embouteillages (21%) et un coût de la vie plus élevé (20%). Les difficultés liées au logement (15%), la saleté dans les rues (10%) et le stress (9%) suivent ensuite mais de manière plus marginale. Les perceptions varient par ailleurs en fonction du lieu d’habitation, les Franciliens reprochant davantage à la vie en ville, les difficultés liées au logement (24%) et la saleté dans les rues (22%) tandis que les ruraux voient avant tout d’un mauvais œil l’insécurité (34%).

Si l’on considère que 8 Français sur 10 habitent aujourd’hui en ville , on peut comprendre que la campagne devienne une forme d’idéal pour échapper aux inconvénients des zones urbaines. Quelques nuances émergent toutefois. Ainsi, l’aspiration à une vie plus rurale est plus forte chez les personnes âgées (73 % des 50-64 ans contre 52 % des 18-24 ans).


 Par ailleurs, on observe que si 91 % des personnes qui vivent en zone rurale confirment qu’ils préfèrent vivre à la campagne, les habitants de l’agglomération parisienne ou des grandes métropoles françaises se montrent plus circonspects (respectivement 45 % et 48 %).

Autre avantage de la vie à la campagne : le lien social. Si la quasi-totalité des Français (95%) déclarent connaître leur voisin, l’intensité de leur relation avec ces derniers varie fortement selon le lieu d’habitation. Au global, 52% des Français déclarent connaître très bien leur voisin mais cette proportion diminue à mesure que la taille de l’unité urbaine augmente (de 67% pour les ruraux à 35% pour les habitants de l’agglomération parisienne). 

Source : INSEE


L’enjeu pour l’avenir sera alors de réconcilier une réalité très urbaine avec des aspirations vers toujours plus de nature et de campagne.

> Quelles seront les priorités de la ville de demain ?

Lorsqu’on leur demande à quoi ressemblera la ville de demain, les Français se montrent plutôt pessimistes. 60 % d’entre eux pensent qu’elle sera plus polluée, 62 % qu’elle sera plus saturée, plus dense et 54 % l’imaginent plutôt verticale, composée de tours et de gratte-ciels.


Pour éviter un avenir plutôt morose, les Français privilégieraient en premier lieu l’écologie et un retour à la nature pour les villes du futur. Une manière de remettre un peu de la campagne à laquelle ils aspirent au cœur de la ville dans laquelle ils vivent.
Ainsi, la construction d’écoquartiers reste l’axe favori de plus de la moitié des Français (58%). Une ville plus verte passe également par des moyens de transports doux comme le vélo (22%) et le développement de la biodiversité urbaine (17%). Les sondés veulent aussi une ville proche de son environnement et sont 27 % à plébisciter la vente de produits locaux.
En lien avec ce désir de nature, les Français sont également à la recherche d’une ville plus collaborative, capable de recréer du lien social. Ainsi, 27 % des sondés se prononcent en faveur de potagers urbains ou de jardins partagés. Les moyens de transports partagés rencontrent également 23 % des suffrages, soit un quart de Français déjà séduits par ces nouvelles alternatives.
Le retour de la campagne dans la ville n’implique pas pour autant de renoncer aux bienfaits de la modernité. Au contraire, celle-ci pourra être pensée au service d’une ville plus verte et collaborative en favorisant le développement de villes connectées (17%).
Le retour de la campagne dans la ville n’implique pas pour autant de renoncer aux bienfaits de la modernité. Au contraire, celle-ci pourra être pensée au service d’une ville plus verte et collaborative en favorisant le développement de villes connectées (17%).

En quelques mots, pour les Français, la ville de demain devra être plus verte, plus humaine, plus collaborative et aussi plus connectée.

Qu’est-ce qu’une ville ?
Définition et données clés

Définition : en France, l'INSEE définit la ville selon le critère de l'importance du peuplement et de la continuité de l'habitat. Une ville se définit par une population d'au moins 2 000 habitants, dont les habitations doivent être à moins de 200 mètres l'une de l'autre.

Aujourd’hui, 77,5 % des Français vivent en ville.

Aujourd’hui, 54 % de la population mondiale vit aujourd’hui en zone urbaine (ONU)1.
D’ici 2050, cela concernera 66 % de la population mondiale (ONU)1.  

Source : INSEE

Annexe : Méthodologie du sondage CSA
Echantillon
Sondage réalisé par CSA auprès de 1011 personnes âgées de 18 ans et plus.
Méthode des quotas basée sur sexe, âge, profession de la personne interrogée, stratification par région et catégorie d’agglomération
Mode de recueil
Internet
Dates de terrain
Du 9 au 11 juin 2015

Dans ce rapport, lorsque la somme des pourcentages est différente de 100%, cela s’explique :
o Soit par le fait que les interviewés pouvaient citer plusieurs réponses (dans ce cas la somme des pourcentages est supérieure à 100) 
o Soit du fait des « non-réponses » qui n’ont pas toujours été indiquées dans ce rapport afin d’en alléger la lecture (dans ce cas la somme des pourcentages est inférieure à 100).

Télécharger le Communiqué de Presse 

 

Télécharger l'étude CSA "Bonheur et Urbanisme"